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Jamais sans mon chien!

Des droits et des devoirs du chien

Publié le 15 Avril 2014 par Philippe Roustant

On parle beaucoup aujourd'hui des multiples devoirs dont l'homme doit s'acquitter envers le chien.

Saint Exupéry faisait dire par le renard au Petit Prince "qu'on devient responsable pour toujours de ce que l'on a apprivoisé!".

Je suis bien d'accord avec cette formule...

Prendre un chien suppose que l'on soit déterminé à lui offrir des conditions de vie décentes qu'on peut facilement lister:

-La satisfaction de ses besoins physiologiques, non seulement en terme de nutrition mais aussi dans la compréhension de son besoin de mouvement. Il est évident qu'un chien ne saurait vivre heureux sans être lâché tous les jours pour des courses folles et des jeux débridés.

-La compréhension de ses besoins psychologiques, depuis son goût pour la routine jusqu'à sa soif d'inter-actions sociales...en passant par le besoin qu'il a de se sentir en sécurité.

-Un suivi vétérinaire rigoureux pour lui conserver une bonne santé (anti-parasitaire, vermifuge, répulsifs, vaccins, alimentation ciblée, radios de contrôle, osthéopathie si nécessaire...etc...) et bien sûr une identification obligatoire, gage de sa sécurité.

-L'éduquer complètement et si possible pratiquer une activité sportive avec lui.

-Assurer sa sécurité physique (surveillance, chenil si nécessaire, longe...etc...) et psychologique (lui apprendre à gérer ses craintes, par exemple)

-Lui offrir des espaces (matériels et temporels) de liberté et la possibilité de satisfaire ses instincts.

On passe sur les lieux communs: Ne jamais l'abandonner au bord d'une route ni à la SPA , l'emmener avec soi en vacances...etc...

On remarquera que je ne parle pas "d'amour"... Premièrement parce que c'est une notion profondément humaine (qui fait appel à une réaction chimique, une reconnaissance de compatibilité génétique et des inter-actions psychologiques avec la mémoire) et que l'anthropomorphisme est toujours à éviter, ensuite parce que ce n'est pas un "besoin" du chien qui préfère de beaucoup qu'on prenne en compte sa nature profonde d'animal grégaire. Je préfère de beaucoup les termes d'affection et de respect mutuel.

Mais, bizarrement, personne ne se soucie d'établir la liste des devoirs du chien, que ce soit pour ce qui concerne sa sélection (un chien de chasse DOIT chasser...) que dans sa façon d'être qui peut dépendre, pour une large, part de l'éducation (ou de l'absence d'éducation) qu'il a reçue.

Commençons par la part génétique, c'est à dire par le travail de l'éleveur (et je parle bien de TOUS les chiens et non de ceux vendus spécifiquement pour un usage précis).

Un chiot DOIT au moment où il est vendu:

-Ne pas être malade en voiture

-Etre exempt de tares génétiques invalidantes (ou, dans le cas contraire, doit être échangé ou remboursé)

-Etre identifié, vacciné et en bonne santé

-Avoir bénéficié d'une socialisation intra et inter-spécifique

L'ensemble de ces caractéristiques relève entièrement de la compétence de l'éleveur, qu'il soit professionnel ou amateur.

Si un chiot est malade en voiture ou a peur de l'orage, ce n'est jamais le fruit d'un malencontreux hasard: La piste génétique de tels troubles est aujourd'hui reconnue puisqu'elle est transmissible et donc, le choix des géniteurs a été mal pensé! Cela peut donner lieu à tout arrangement amiable mais le prix demandé pour le chiot est forcément trop élevé et doit être revu à la baisse. L'éleveur, s'il n'est pas toujours fautif, est toujours responsable.

Il n'est pas nécessaire d'euthanasier de tels chiots mais il est certain qu'ils ne doivent pas se reproduire, comme n'auraient pas dû le faire leurs parents.

Je ne vois d'ailleurs pas au nom de quelle sélection ou de quelle prédisposition raciale un éleveur pourrait s'exonérer de telles contraintes.

Tous les chiens doivent tolérer leurs congénères comme ils doivent tolérer les humains sous réserve d'avoir été correctement socialisés pendant leur période d'imprégnation (4 à 16 semaines).

J'aimerais dire un mot des chiots qui ne trouvent pas preneur avant leur quatrième mois; On reconnaît un éleveur sérieux au fait qu'il a confié de tels chiots à une tierce personne dans un lieu différent du milieu de naissance pour une durée d'au moins 15 jours! En effet la capacité des chiots à s'adapter facilement à un nouvel environnement disparaît après 4 mois si elle n'est pas exercée (les synapses dévolues à l'homéostasie sensorielle meurent faute d'être sollicitées).

Si ce travail a été correctement réalisé, le chiot aime les humains.

On voit aujourd'hui certaines races devenir à la mode alors même qu'elles présente des caractéristiques caractérielles insuffisamment stabilisées: Lorsque, dans une race donnée, la moitié du cheptel présente des phobies récurrentes ou une agressivité dangereuse, elle doit faire l'objet de contrôles drastiques pour ce qui concerne son élevage ou sa possession. La reproduction doit être réservée aux sujets les plus stables et les juges doivent refuser la confirmation des autres.

Beaucoup de gens pensent encore que l'acquis est bien supérieur à l'inné dans le domaine du comportement. C'est méconnaître la sélection spécifique qui s'est opérée, par exemple, sur le pit -bull pour accroître son agressivité génétique (dans le but de le faire participer aux combats de chiens) ou sur certaines races d'utilité . Certains des plus grands éleveurs du monde ne font aucun travail spécifique de socialisation sur leurs chiots et pourtant ceux-ci sont parfaitement à l'aise à leur sortie de l'élevage et n'ont jamais le mal des transports alors qu'ils ne sont jamais montés dans une voiture: La base génétique qui a abouti à leur sélection est juste formidablement stable!

Par conséquent, que ce soit génétiquement ou par l'intermédiaire d'une socialisation et d'une éducation correcte, un chien DOIT tolérer et respecter ses congénères et les humains. Il n'est pas forcé de les aimer et il a parfaitement le droit de préférer son maître ou la solitude MAIS il ne peut les agresser dès qu'ils s'approchent.

Lorsqu'un chien manifeste un tel comportement alors qu'il a été préparé par son éleveur de façon correcte, la responsabilité en incombe au maître qui doit s'interroger sur la qualité de l'éducation qu'il a fournie à son animal.

En aucun cas il ne peut s'exonérer de ses erreurs en prétendant que c'est la race de son chien qui est en cause, non plus que le groupe auquel il appartient ou sa catégorie.

Certes, tous les chiens ne sont pas égaux quand à leur capacité à se montrer neutres voire bienveillants avec les humains et/ou les chiens, mais c'est au maître de connaître leurs prédispositions génétiques et de les corriger par une éducation adaptée.

J'ai eu l'occasion de côtoyer des chiens dangereux, largement capables de tuer un homme ou un chien, et connus pour être intraitables à la garde ou au contact. Ces chiens, en présence de leur propriétaire, m'ont parfaitement toléré dans leur espace vital et m'ont même laissé pratiquer des soins sur eux après avoir reçu l'ordre de se laisser faire par leur maître.

Il n'est pas question de modifier la nature profonde de tels chiens, juste d'être capable de leur imposer un comportement social acceptable lorsque on les tient en laisse.

Un chien seul dans une propriété est livré à ses instincts et réagit selon son propre arbitre quand au partage de son territoire ou à sa garde. Lorsqu'il est sous le contrôle de son maître, il doit être capable d'inhiber sa nature profonde pour devenir socialement acceptable.

Quand à ceux qui tolèrent des manifestations d'agressivité de la part de leurs propres chien à l'encontre de leur personne ou de leur famille, ce sont juste des inconscients dangereux pour leurs proches.

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