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Jamais sans mon chien!

Articles avec #comportement canin catégorie

Métier : expert canin

Publié le 2 Juin 2016 par Johanne Parent dans coups de gueule, éducation canine, comportement canin

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La protection des ressources : excuse ou réalité?

Publié le 1 Avril 2016 par Johanne Parent dans éducation canine, comportement canin, coups de gueule

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La peur chez le chien : génétique ou apprentissage?

Publié le 8 Décembre 2015 par Johanne Parent dans éducation canine, comportement canin, élevage canin

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Pour en finir avec les histoires de collier et de harnais

Publié le 15 Juillet 2015 par Johanne Parent dans éducation canine, comportement canin, info utiles

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Coup de gueule au sujet des ballades avec votre chien…

Publié le 15 Novembre 2014 par Johanne Parent dans éducation canine, comportement canin, coups de gueule

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Le R+ est-il une simple mode, ou la réalité d’un monde canin en pleine crise?

Publié le 9 Novembre 2014 par Johanne Parent dans éducation canine, comportement canin, coups de gueule

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Pour en finir avec les histoires de R+

Publié le 2 Octobre 2014 par Johanne Parent dans coups de gueule, comportement canin, éducation canine

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Quand l’Homme devient stupide…

Publié le 2 Mars 2014 par Johanne Parent dans comportement canin, éducation canine

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Quand l’Homme devient stupide…

(agressivité canine : article 3/3)

La relation qui existe entre l’agressivité et la génétique fut démontrée dans plusieurs cas où la sélection des reproducteurs, pour produire des chiots plus performants aux sports d’attaque (Ring, Schutzhund, protection…) ou pour gagner les combats de chiens, fut planifiée.

En génétique, nous savons que lorsque nous sélectionnons un gène en particulier, nous affectons automatiquement un minimum de 10 autres gènes et qu’il peut s’ensuivre un problème neurologique. Il a été démontré chez les coqs que plus on sélectionnait pour un trait en particulier (plus de chair, plus beau plumage, etc) plus les descendants devenaient agressifs au point de s’entre-tuer.

L’agressivité de ce type est reliée à la neurobiologie du comportement. L’animal instable neurologiquement parlant, présentant un syndrome agressif, pourra difficilement devenir non réactionnel.

Dans son livre « Animals in Translation », Temple Grandin y explique aussi qu’une certaine relation existe entre le tempérament agressif et la structure osseuse de l’animal. Elle a remarqué chez beaucoup d’animaux, entre autre chez les bovins, qu’au sein d’une même race, les animaux les plus agressifs avaient une ossature plus fine. Plus l’ossature est solide et de bonne proportion, plus l’animal est calme. Plus l’ossature est fine et légère, plus l’animal est réactionnel et émotionnel.

Dmitry Belyaev, un généticien russe, a expérimenté l’élevage de renard argenté pour prouver sa thèse que la sélection détermine les traits que l’on voit chez nos animaux domestiques. Après plusieurs générations de sélection (de 1959 jusqu’à son décès en 1985)où il a gardé les rejetons les moins méfiants de l’humain pour la génération suivant, il a obtenu des renards qui ressemblaient de plus en plus à des chiens. L’étude étant importante, un groupe de scientifiques russe à continuer ce travail de sélection après 1985. Aujourd’hui, les bébés renards compétitionnent pour avoir l’attention des humains, un peu comme le font les chiots d’une portée. Ils pleurent et branlent leur queue comme un chien. Ils se transforment en animal domestique comme l’avait prédit Belyaev.

L’apparence de ces renards a changé. La couleur de leur fourrure est devenue tacheté noir et blanc, un peu comme celle d’un Border Collie. La queue a commencé à rouler sur le dos. Les oreilles sont tombantes. L’ossature est plus forte, moins fine que celle du renard. Leur taux d’hormones de stress dans le sang est plus bas que celui du renard sauvage, mais la sérotonine est plus élevée, ce qui inhibe l’agression dans le cerveau.

Dans les dernières générations, des renards ont commencé à démontrer des problèmes neurologique, comme l’épilepsie et des port de tête déficients.. Certaines mères ont développé du cannibalisme (mangent leur progéniture).

La sélection de l’humain pour certains traits… ce que je nomme la sélection extrême et que les anglophones nomment le « over selection » …. conduit à l’agressivité. Vous savez ces chiens de races qui ont, par exemple, de plus en plus le museau court ou de plus en plus tel ou tel trait particulier au fil des générations? Les éleveurs qui sélectionnent ainsi jouent avec le feu. Pourquoi retrouve-t-on des Golden Retriever agressifs? Pourquoi les petits Pinschers deviennent de plus en plus agressifs?

  • L’éleveur peut donc être, en partie, responsable de l’agressivité de ses chiots : par sélection extrême, par manque de socialisation en bas âge, ou encore par le choix des reproducteurs déjà agressifs ou instables.
  • Le propriétaire du chiot peut aussi être responsable en partie de l’agressivité de son chien devenu adulte : par une socialisation ou une éducation inadéquate.
  • Enfin, l’éducateur peut lui aussi être en faute! Les techniques inadéquates pour ce chiot en particulier peuvent le préparer à devenir agressif.

Chacun des professionnels canins doit revoir ses priorités, laisser tomber ses œillères et prendre ses responsabilités.

En comportement, il n’existe pas de solution miracle. Il n’existe pas de recette magique qui peut s’appliquer à tous les chiens sans exception. Il n’existe pas une seule technique bonne pour tous les chiens sans exception.

En comportement, il faut savoir écouter, analyser, comprendre et s’ajuster en conséquence.

Le clicker est un outil, un accessoire utilisé par les dresseurs pour des trucs spécifiques exigés par le cinéma… et il était utilisé des dizaines d’années avant même que Karen Pryor commence à en faire la promotion auprès du chien de compagnie. La roue n’a pas été réinventée avec l’apparition du clicker! Le clicker est simplement un accessoire qui remplace le « Bon Chien! » ou le bruit de bécot que je fais avec le cheval ou le chiot pour le faire venir vers moi…
Le clicker est un bruit que l’on associe avec une motivation (en général la nourriture).

Ce qui importe avant tout en éducation et en rééducation canine (et humaine), c’est la motivation. Il faut que la motivation soit efficace. J’ai connu des chiens qui n’en avaient rien à foutre de la bouffe…. et même certains qui avaient tout simplement peur du clicker!!!

La motivation est reliée au désir de coopérer, mais quand la motivation devient source d’anxiété (est-ce que je vais avoir le bonbon ou pas?), elle devient néfaste. Quand vous vous rendez au travail tous les matins, votre motivation c’est la paie et vous savez qu’elle sera versée toujours le même jour, toutes les 2 semaines. Cette paie assurée vous stabilise. Vous faite votre travail sans vous poser de question car vous savez que vous serez récompensé. Mais si vous alliez travailler, en espérant recevoir votre paie, sans jamais pouvoir prévoir quand vous la recevrez, votre motivation diminuera et votre anxiété augmentera! C’est pareil pour le chien qui essaie de trouver la bonne réponse dans la technique du clicker.

Beaucoup de chiens vont essayer tout et n’importe quoi. Leur système émotionnel est enclenché. Ils veulent la bouffe et font tout dans l’espoir d’entendre un clic… et leur anxiété augmente pour être récompensée!!!!!! Au final, le chien est récompensé par le click au moment où il met son nez sur le bon objet qu’il devait toucher ET au moment où son anxiété était à tel niveau!!!! Cette partie, la grande majorité des pros clicker l’oublient….

Ça me fait toujours sourire quand j’assiste à une démo de clicker et que le « professeur » a un chien qui ne reste pas en place 30 secondes et essais plein de choses pour entendre le click. Dans la plupart des cas, pour ne pas dire tous les cas, le chien a les pupilles dilatées et salive beaucoup…. signes d’anxiété.

Le clicker devrait être utilisé avec des chiens stables et équilibré…. pas avec des chiens dont l’anxiété augmente ou apparaît à son utilisation.

À réfléchir…. Quand vous utilisez un clicker, êtes- vous certains à 100% d’effectuer le clic au bon moment? Savez-vous à quoi pense votre chien lorsqu’il entend ce clic?

Dans les cas d’agressivité traités au clicker comme je vois régulièrement, si le clic est entendu au moment où le chien vous regarde, mais que son regard était une demande du genre « Allez maman, laisse-moi aller lui en mettre une sur la gueule », croyez-vous vraiment que votre intervention sera anti agressivité? Au contraire!!!! Vous venez de récompenser la pensée de votre chien!!!!! N’utilisez jamais le clicker si vous n’êtes pas certain de l’effet qu’il aura à long terme.

Le clicker fut développé d’abord et avant tout pour enseigner à un animal une action de courte durée pour les besoins du cinéma. Pendant l’enseignement, l’animal était en milieu stérile, sans distraction. Ensuite, le clicker fut utilisé avec des animaux de zoo ou de laboratoire comme les primates et les éléphants. Mais avez-vous remarqué que ces animaux sont toujours séparés de l’entraîneur par une grille pendant l’apprentissage? Avez-vous aussi remarqué que c’est pour des choses spécifiques comme une prise de sang ou la taille des pieds que le clicker était utilisé?

Vous pouvez enseigner plusieurs comportements différents à un animal avec un clicker. J’ai moi-même entraîné une chatte à faire un CD (concours d’obéissance du Club Canin Canadien) et de l’agility. J’ai enseigné à un cheval à s’asseoir, à faire le mort, à saluer et à donner la patte.

Mais, quand on parle de pathologie du comportement animal, c’est une autre histoire. Il y a trop d’impondérables à prendre en considération pour que l’utilisation du clicker soit efficace dans tous les cas. Attention aux effets secondaires possibles. Le clicker n’est pas le truc magique pour régler tous les problèmes.

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Agressivité? Anxiété? Ou peur traumatique?

Publié le 2 Mars 2014 par Johanne Parent dans comportement canin, éducation canine

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Agressivité? Anxiété? Ou peur traumatique?

(agressivité canine : article 2/3)

(Photographie de Laurence Bruder-Sergent)

La barrière entre l’agression par peur, par anxiété ou par agressivité est très mince. La grande majorité des professionnels canins ne savent pas faire la différence entre ces 3 types d’agression.

Tout d’abord, il faut comprendre que dans la nature, l’agressivité naturelle n’existe pas chez les canidés sauvages (renard, loup, coyote, dingo, chiens sauvages, chiens errants vivant en meute). La survie, c’est la meute, c’est-à-dire le groupe. Les grognements et mimiques dominantes ne sont qu’une partie du langage naturel du canidé et ne sont aucunement dictés par la violence gratuite ou le meurtre qui eux sont directement liés à l’agressivité.

Seul l’humain peut conduire un chien à devenir violent par sélection artificielle de reproducteurs de plus en plus agressifs ou par dressage et conditionnement. Le chien entraîné à mordre est souvent un chien qui a été abusé, en ce sens qu’il a été forcé à mordre. Le maître-chien faisant en sorte que le chien ne peut pas fuir, exploite la peur de celui-ci et le pousse à mordre par peur. Ne pouvant fuir, il agresse. Le maître-chien récompense le chien pour la morsure et, surprise pour le chien, le salopard a peur de lui!?!?!

Le chien entraîné de cette façon, en exploitant ses peurs, peut devenir de plus en plus instable émotionnellement et mord de plus en plus fort et, entre des mains inexpérimentées, il peut devenir une véritable bombe instable qui peut sauter (mordre) n’importe quand (et sur n’importe quoi).

Mis à part ce type d’entraînement, la véritable agression par agressivité n’existe pas. Le chien apprend à devenir agressif et mordeur. Prenez note que j’exclu ici le chien agressif par maladie ou par douleur. Ce chien devrait voir un vétérinaire avant toute forme de rééducation.

Donc, si le chien n’est pas naturellement agressif. Comment se fait-il qu’il y ait de plus en plus de chiens intenables et agressifs lorsqu’ils sont en présence de congénères?

L’agressivité est acquise par le manque social et/ou l’anxiété. La grosse problématique pour savoir si la rééducation avec un clicker va fonctionner ou non est celle-ci : la peur ne doit pas être issue d’un traumatisme et le chien ne doit pas souffrir d’anxiété.

Il est presque impossible de déterminer si la peur est traumatique ou non. En effet, au sein d’une même portée de 3 chiots qui ont subi un choc (peur), les 3 réagiront différemment selon leur propre caractère. Les 3 vont gérer cette peur selon leur niveau d’équilibre naturel. Un pourra être traumatisé à vie et développer une phobie, l’autre pourra développer une simple peur qui sera facilement « réparable », alors que le 3ème pourrait très bien se montrer curieux et investiguer tout sans aucune peur de l’inconnu.

Voici quelques exemples d’agressivité envers les congénères qui ont été traités par des intervenants en éducation ou comportement canin… avec l’aide du clicker.

Cas 1 : agressivité envers ses congénères

Max est un Malinois mâle, non castré. Il a été adopté à l’âge de 5 mois dans un élevage de type chenil. Dès l’adoption, Max démontre un comportement de peur vis-à-vis de ses congénères. Il a peur dès qu’un chien inconnu s’approche de lui. La propriétaire entreprend donc une rééducation du chien afin qu’il passe par-dessus sa peur et prenne confiance en lui. La rééducation est un succès (du moins en apparence) et tout se passe bien jusqu’à l’âge de 16 mois. Dès 16 mois, monsieur Max lève la patte pour marquer lors des promenades et devient de plus en plus agressif envers les chiens qu’il rencontre. Au point où sa propriétaire doit s’arrêter et attendre que ça passe puisque Max se débat comme un diable en se tortillant et en essayant d’enlever le collier dans le but d’aller agresser l’autre chien. Après vérification, la laisse n’est pas le déclencheur car la propriétaire n’anticipe pas les rencontres et reste calme et posée. S’il est libre, il agresse tout de même.

Qu’est-ce qui, au départ, fait en sorte que le jeune Max de 5 mois a peur des chiens inconnus?

Ce comportement dénote un manque sérieux de socialisation avec les autres chiens lors de la période de socialisation primaire qui se termine vers 12 à 16 semaines selon les chiots. Même si le chiot provient d’un chenil, il peut ne pas avoir été mis en contacts positifs avec des chiens adultes. La rééducation entreprise semble avoir bien marchée puisque Max joue avec les autres chiens au parc à chiens. Puis, vers 16 mois, tout change…. Pourquoi?

La réponse est simple. Tout ce que le chiot n’aura pas acquis pendant sa socialisation primaire, pourra être récupérée partiellement pendant sa socialisation secondaire… mais ressortira à la maturité (âge adulte mentale) vers l’âge de 1 ½ an…. jusqu’à 3 ans.

On pourrait donc conclure que la peur de Max envers les autres chiens est une peur traumatique… ce qui impliquerait donc une rééducation à vie pour éviter les rechutes. La propriétaire doit donc revoir la gestion des promenades et des contacts sociaux. Elle doit rester en alerte en tout temps et devra apprendre à gérer la peur de son chien pendant les 10 à 15 ans à venir.

Dans un cas comme celui-ci, la rééducation au clicker ne sera pas suffisante. Sans compter que dans ces circonstances, Max se fou complètement de la bouffe ou de son jouet préféré… ce qui est tout à fait normal quand on comprend les besoins établis selon la pyramide de Maslow. Certains recommanderont la castration, ce qui n’aura pas de réel effet positif.

En situation de peur panique ou traumatique… la nourriture et le jeu sont très loin dans les priorités du chien qui est en « mode survie » et ça n’a rien à voir avec le système hormonal, qu’il ait ses testicules ou pas.

Les cas de fixation existent aussi chez le chien. Certains chiens développeront une antipathie envers un chien ou une race spécifique. Peu importe la rééducation qui sera mis en place, cette antipathie naturelle ne s’effacera pas. Au mieux, le chien sera moins réactionnel en présence de son propriétaire. Au pire, l’agressivité causée par son antipathie se généralisera pour tous les chiens.

Cas 2 : agressivité envers ses congénères

Luna est une femelle Terrier âgée de 8 ans. Née en élevage familial, socialisée avec ses congénères depuis le plus jeune âge, elle partage sa vie familiale avec 3 chats et 2 autres chiens faisant la moitié de son poids et âgés de 5 et 10 ans. Luna est une compétitrice hors pair en obéissance et en agility. Elle fait aussi des câlins aux enfants de la garderie familiale.

La vie est paisible et tout se passe bien pour Luna jusqu’à l’âge de 6 ans où, du jour au lendemain, sans prévenir, elle s’attaque à la chienne de 8 ans lui causant des blessures mineures grâce à l’intervention rapide des propriétaires. La chienne blessée est isolée temporairement pour soigner les blessures et aucune autre intervention n’est faites contre Luna… c’est-è-dire qu’une fois qu’elle eut lâché prise, les propriétaires n’ont pas eu de comportements de frustration ou autre envers Luna.

Au fil des jours, Luna devient de plus en plus imprévisible face à l’autre chienne et l’agresse au point que les propriétaires ne peuvent plus laisser Luna libre lorsqu’ils s’absentent de la maison, de peur qu’une bagarre se déclenche en leur absence. Après anamnèse, il s’avère que Luna est une chienne anxieuse. Les bagarres se produisent lorsque son anxiété monte en flèche. Anxiété causée par l’arrivée ou le départ de gens ou les jeux bruyants des 2 autres chiens. L’aboiement aigu de la vieille chienne est le déclencheur des agressions de Luna envers elle.

Dans ces conditions, une rééducation au clicker avec Luna est inutile. Il faut stabiliser son anxiété par des changements au niveau de la gestion familiale et au besoin utiliser une médication adaptée. Ensuite, il faut travailler l’aboiement et l’énervement des 2 autres chiens. Pour au final, travailler Luna en période de jeu avec les 2 autres chiens. Sans tous ces éléments, la rééducation en sera jamais complète et pourrait entraîner une généralisation de l’agressivité comme ce fut le cas de Boodha que je vous explique ci-dessous.

Cas 3 : agressivité envers ses congénères

Boodha est un Golden Retriever de 3 ans. Adopté à la SPA à l’âge de 6 mois, on ne sait presque rien de son passé. Boodha est allé suivre des cours d’obéissance dans un club avec sa propriétaire, où il fut aussi initié à l’agility et au freestyle. Boodha est une clown qui adore jouer. Puis un jour, sans crier gare, il démontre pour la première fois une réaction agressive envers un chien noir de type berger croisé. La propriétaire fige car elle est trop surprise par cette agression, puis intervient avec le propriétaire de l’autre chien pour les séparer. Les deux chiens ont des blessures causées par leurs morsures.

Boodha devient agressif et réactionnel uniquement avec des chiens noirs, à l’exception des Bouvier Bernois. Sur la recommandation d’un spécialiste en comportement utilisant uniquement le renforcement positif et travaillant avec le clicker, Boodha est rééduqué. La propriétaire apprend à approcher les chiens noirs à une certaine distance pour travailler le chien avant qu’il ne démontre des signes d’agression. Elle garde donc ses distances avec les autres chiens, click quand Boodha la regarde et récompense avec la nourriture. La rééducation semble bien aller. Boodha peut maintenant marcher près d’un chien noir sans réagir, en regardant sa propriétaire.

Puis vient la rechute. Après plusieurs mois sans agression, Boodha agresse un chien noir lors d’une pratique d’agility. Boodha commence son parcours, puis brusquement part en direction d’un chien noir et l’agresse. La propriétaire recommence donc la rééducation, assistée d’un spécialiste du clicker, avec Boodha et click bonbon son chien lorsqu’il démontre un comportement dit acceptable par l’expert éducateur. Puis la propriétaire voit Boodha changer. Il grogne et veut agresser tous les chiens qu’il rencontre, sans exception. De plus en plus réactionnel, Boodha se fiche complètement de la bouffe et du jeu. Il veut éliminer l’ennemi… le chien qu’il a en visuel.

Résumé :

Voilà comment un chien, mal évalué au départ, peut devenir un monstre agressif. Dans leurs cas, l’utilisation du clicker pour traiter l’agressivité envers les congénères n’était certainement pas la seule mesure de rééducation à mettre en place.

Le clicker a ses limites. Malheureusement, les grands fans du clicker ne veulent pas toujours l’admettre ou le comprendre. Il ne s’agit pas de savoir utiliser ou non un clicker. Il faut savoir quand l’utiliser et pourquoi.

Je travaille avec le clicker depuis plus de 20 ans et je ne traite jamais les cas d’agressivité avec l’aide du clicker tout simplement parce que dans la majorité des cas, le chien a d’abord besoin d’être rééquilibré et que le clicker crée beaucoup d’instabilité émotive chez les chiens sensibles.

Plusieurs spécialistes de comportement canin et moi-même, avons observé une augmentation de l’anxiété causée par le clicker chez plusieurs chiens… (la suite dans le prochain article).

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Je clic, tu clics, il clic...

Publié le 2 Mars 2014 par Johanne Parent dans comportement canin, éducation canine

Cet article est reposté depuis Le blogue de Johanne Parent.

Je clic, tu clics, il clic...

(agressivité canine : article 1/3)

La mode du clicker a envahi l’ensemble du monde de l’éducation canine. Que ce soit en Amérique ou en Europe, le clicker est malheureusement employé à toutes les sauces. Que l’on parle de TAGteach™ ou de clicker, le principe est le même : un renforcement positif par conditionnement. On récompense avec un morceau de nourriture qu’on associe au click, la bonne action tout en ignorant la mauvaise.

L’apprentissage de commandements spécifiques comme « viens », « assis », « couché »… etc, est facilité par l’utilisation du clicker pour beaucoup de gens, puisque selon eux, le click est plus rapide (au niveau du timing) que la voix humaine qui dirait un simple « Bon Chien! ». Trop de professionnels canins associent le clicker à la seule méthode en renforcement positif, ce qui est une erreur fondamentale. Cet accessoire (clicker) n’est aucunement un indispensable du renforcement positif!

Tous types de bruits peuvent être associés à un entraînement par conditionnement. Par exemple, le bruit du stylo bille, un claquement de langue, un bruit émis par un sifflet, un ultrason audible uniquement par le chien, un simple « Bon Chien! », un « Good! »… bref le clicker n’est pas la seule voie de l’éducation par conditionnement à renforcement positif.

Déjà dans les années 80’, le vétérinaire béhavioriste Dr Ian Dunbar utilisait le renforcement positif en associant la nourriture et le « Bon Chien » dans son programme d’éducation pour les jeunes chiots (Sirius Puppy Training™©). La seule différence entre le principe du Dr Dunbar et le clicker, c’est le timing « Bon Chien » versus le click. Le « shaping », c’est-à-dire décortiquer les différents éléments d’une action (assis, couché, rapporter un objet, faire le mort… bref peu importe le comportement souhaité) se fait tout aussi bien en méthode Sirius™ qu’au clicker.

Il est malheureux de constater que beaucoup d’éducateurs et de professionnels canins utilisent le clicker à tort en thérapie comportementale. En effet, l’utilisation du clicker pour régler les problèmes de comportement canin est une arme à double tranchant.

Ce que les “cliqueux” oublient, c’est qu’un chien n’est jamais tous les chiens. Si le clicker fonctionne bien dans la rééducation du chien X, il peut très bien produire l’effet contraire avec le chien Y. Dans certains cas, le clicker devient source d’anxiété pour le chien. Voulant rééduquer ou réorienter un comportement indésirable, certains utilisateurs du clicker ne se rendent pas compte qu’ils déstabilisent encore plus le chien en créant ou en augmentant son niveau d’anxiété. La conséquence possible qui s’ensuit, c’est la rechute ou le développement d’un problème plus grave encore pour le chien.

Avant même de penser utiliser un clicker en thérapie comportementale, le professionnel canin doit s’assurer que le comportement à corriger n’est pas relié à la peur traumatique. En effet, même avec l’extinction ou le contre-conditionnement, la peur traumatique ne s’efface jamais complètement du cerveau du chien. En tout temps, cette peur que l’on croyait disparue, peut revenir, être amplifiée et se généraliser sur d’autres peurs! On obtiendrait donc un chien complètement instable, imprévisible dans ses réactions et pouvant développer une agressivité généralisée.

Que ce soit avec un humain ou un animal, il y a une différence énorme entre la peur traumatique et la simple peur vécue dans la vie quotidienne. La peur traumatique est toujours difficile à rééduquer et impossible à enrayer. Même si on met en place un programme de contre-conditionnement de cette peur, il devra être fait TOUTE la vie de l’animal pour éviter les rechutes possibles. C’est beaucoup de travail et peu de succès.

L’approche du professionnel canin doit donc être adaptée au cas par cas, selon le chien à traiter. Oubliez tout de suite les recommandations que l’on vous ferait via un forum de discussion!!! Si votre chien a un problème d’agressivité envers ses congénères, vous devriez obligatoirement consulter un spécialiste en comportement canin reconnu pour son travail avec ce type de problème.

Est-ce un mauvais comportement ou est-ce une peur?
Quelle peur est simple versus quelle peur est traumatique pour un chien spécifique?

Le gros problème que je vois dans le monde canin actuel, c’est l’impossibilité des propriétaires et des éducateurs canins à déterminer si le mauvais comportement du chien est motivé par la peur et/ou l’anxiété. Le manque d’expérience réelle sur le terrain, associé à un manque d’information concernant la gestion de meute (groupe de 10 chiens et+) vivant et interagissant ensemble dans la vie quotidienne, ne leur permet en aucun cas de pouvoir prétendre réellement comprendre les réactions du chien et le langage canin réel.

Trop de professionnels canins et amateurs de chiens ne savent pas lire le langage du chien. Les « signaux d’apaisement » ne sont qu’une partie de ce langage canin. Il est inexacte de prétendre que le simple fait qu’un chien baille ou se renverse sur le dos est automatiquement un chien qui a peur. Beaucoup de chiens adultes utiliseront cette partie du langage agonistique canin avec de jeunes chiots afin de les rassurer sur leurs intentions. Ces signaux décrits par Turid Rugaas sont une méthode de communication que l’on peut voir, non seulement chez les canidés, mais aussi chez d’autres espèces animales. Il s’agit d’une partie du langage naturel du chien… malheureusement pas toujours interprété de la bonne façon.

Les nombreuses races canines ne possèdent pas toutes le même langage, puisque celui-ci n’est pas universel. Le langage canin complet est soumis à des variations selon la culture et l’environnement du jeune chiot. Certains comportements associés au langage canin sont dits innés puisqu’ils sont présents chez presque tous les chiots de façon naturelle. On n’a qu’à penser à l’invitation au jeu traditionnelle du chien qui laisse son derrière en hauteur et descend les antérieurs et la tête vers le sol.

D’autres comportements associés au langage canin varient selon les races, comme par exemple la technique du Boxer ou du Rottweiller qui pousse son derrière sur le corps du congénère pour jouer. Enfin, le chien étant un grand observateur, il peut facilement apprendre des comportements de langage en côtoyant l’humain.

  • Avant d’entreprendre toute forme de rééducation d’un chien agressif, il faut d’abord comprendre le langage canin et savoir l’interpréter correctement.
  • Avant d’utiliser un clicker pour rééduquer un chien agressif, il faut d’abord déterminer quel est le motif réel de l’agression.
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