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Jamais sans mon chien!

Plan de carrière

Publié le 20 Octobre 2013 par Philippe Roustant

Si vous avez lu mon article "Quel BAT pour le RCI?" vous savez ce que j'attends d'un chien et plus généralement quelles sont les qualités recherchées par les conducteurs de haut niveau chez leurs élèves.
Hélas, un chien peut posséder toutes les qualités nécessaires à un super chien de travail et être dressé avec cohérence sans obtenir les résultats escomptés.
Il y a à cela plusieurs causes possibles que nous allons essayer d'explorer.
Le premier facteur d'échec que j'ai pu observer c'est, en RCI, la triple exigence d'une discipline qui réclame des qualités antagonistes:
-Un chien calme , réfléchi et indépendant en piste
-Un chien actif, démonstratif et rapide en obéissance
-Un chien courageux, volontaire et agressif en défense
Or, il arrive très souvent qu'un chien soit doué pour l'une ou l'autre de ces disciplines, qu'il se comporte correctement dans une deuxième d'entre elles , mais qu'il ait beaucoup de mal à maîtriser la troisième.
J'ai connu de très forts mordeurs , également très disponibles en obé et qui lâchaient l'affaire au moindre angle de piste mal négocié.
J'ai connu de bons pisteurs qui mordaient excellement mais qui refusaient de s'investir (vitesse, précision, joie) en obé.
Enfin, j'ai connu de bons pisteurs, disponibles en obé et bons mordeurs qui n'arrivaient pas à développer sufisamment d'agressivité pour déclencher un aboiement expressif.
Dans tous les cas, de tels chiens se retrouvent barrés pour le haut niveau, alors qu'ils ont indéniablement de belles qualités. Il peut être opportun de réfléchir à cet instant à un changement de discipline avec ou sans le maître actuel.
Le deuxième facteur d'échec, c'est le manque de patience du conducteur...Non pas son incompétence, mais sa capacité à laisser son élève s'épanouir physiquement (donc digérer ses problèmes de santé et de croissance) et psychologiquement (donc à ne pas brûler les étapes).
Ce problème est particulièrement répandu chez les conducteurs expérimentés (dont je suis)qui ne peuvent s'empêcher d'établir des comparaisons avec leur précédent champion ( qui, avec les années se pare de toutes les qualités). Ils trouvent toujours que leur nouvel élève manque de ceci ou de celà et qu'il comprend plus lentement que l'ancien certains exercices.
Si on a eu le bonheur d'échapper à tout celà, on arrive tant bien que mal à la veille des premiers concours; c'est l'heure des premiers choix: Doit-on sortir assez vite, alors que le dressage n'est pas parfait, pour apprendre à connaître les faiblesses de son élève et sa façon de gérer les concours?
Où doit-on attendre que le chien soit prêt pour les sélectifs afin d'aligner les échelons et d'enchaîner sur une saison de championnat?
Je n'ai pas d'avis tranché sur la question. De mon point de vue, ça dépend essentiellement de l'âge exact du chien et du calendrier de la saison (pré-sélectifs, sélectif, championnat régional, coupe).
En effet, il peut être intéressant de hâter un peu les choses afin de participer à une échéance donnée (par exemple une nationale de travail ) qui est incontournable pour la saison à suivre.
Quelquefois les échelons inférieurs comportent un exercice qui contredit presque celui qu'on fera dans les échelons supérieurs: le saut du certificat de RCI se fait normalement sans objet, ce qui sous entend qu'on devrait le dresser comme un saut de ring (sans blocage toutefois) puis y introduire un objet. Il est prudent dans ces conditions de réaliser le certificat assez tôt avant de mettre le dressage définitif en place.
D'une manière générale et sauf blessure, il faut vraiment réfléchir avant de faire l'impasse sur une saison: La carrière d'un BAT c'est 4 à 5 ans . On peut donc considérer que faire plus de trois finales ou trois sélections nationales relève de l'exception.
J'ai vu également des conducteurs arrêter des chiens prématurément car ils ont raté deux concours d'affilée et qu'ils pensent que corriger le comportement du chien prendrait trop de temps . Pourtant le dressage n'est pas une chose figée. C'est au contraire une école de remise en question permanente.
Il est rare qu'un défaut de dressage ne puisse pas être corrigé (comptez environ 4 fois plus de temps pour le corriger que celui que vous avez mis pour le monter!), sous réserve que le reste soit d'un bon niveau et ne nécessite qu'un entretien!
Une autre tendance fait des ravages actuellement: il s'agit de ceux qui mettent prématurément leur chien à la retraite au motif qu'une évolution majeure a eu lieu dans leur discipline et qu'ils veulent tout remettre à plat avec un nouveau chiot.
Ils oublient simplement qu'ils seront de nouveau confrontés à ce problème avec leur futur chiot: Les méthodes et le matériel sont en constante évolution et on regrette toujours de ne pas avoir commencé tel ou tel exercice avec une technique innovante qu'on vient juste de découvrir.
C'est une spirale sans fin: On monte un chien, avec des points forts et des points faibles, et tout l'intérêt du haut niveau, c'est l'habileté avec laquelle on saura le faire évoluer pour rester avec les meilleurs.
Rien ne sert de se décourager en voyant la réussite d'un meneur dans un secteur particulier: Son chien a lui aussi ses faiblesses et ses jours sans...
Une chose doit guider note travail: C'est l'observation des tops conducteurs nationaux et internationaux qui nous permettent de faire évoluer notre dressage pour approcher leurs performances.
Et pour pouvoir réaliser cette évolution, il faut avant tout participer aux mêmes compétitions que ceux qu'on observe!
Ça veut dire qu'il est parfois nécessaire de continuer à peaufiner un chien imparfait pour le garder au contact des meilleurs tout en capitalisant une expérience déterminante dans le montage de son prochain chiot.

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S
je parle bien sûr de replacer le chien auprès d'une personne qui lui correspond mieux.<br /> c'est se montrer très orgueilleux que de penser qu'un chien ne peut pas être plus heureux avec un autre maître qu'avec vous! Sans parler du fait qu'un chien de travail qui se révèlerait inapte au haut niveau et que je déciderais de garder souffrirait incontestablement de voir que j'en fais travailler un autre à sa place et qu'il doit se contenter des promenades (faute de temps). Un de mes ex élèves, Goran, est aujourd'hui heureux et utile dans la gendarmerie avec un maître qui lui apporte toute l'affection nécessaire (et qui m'en parle régulièrement). j'écrirai prochainement un article sur le sujet...
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V
J'attendrai donc ton article. Dans ma logique, mais c'est la mienne, je choisis d'abord un chien comme animal de compagnie (la question est différente pour un gendarme), si en plus il est au top en sport, tant mieux, sinon, je fais autre chose ==&gt; ce qui explique pourquoi ceux qui ne veulent pas passer à autre chose traine leur chien avec la misère du monde sur les terrains !
V
Je suis &quot;surpris&quot; de lire que, quand le conducteur s'aperçoit que son élève n'a plus le potentiel pour devenir champion, il passe à un autre chien ! Faut-il avoir une meute pour faire de la compétition ? Quelle relation on peut bâtir si on ne voit au travers de son chien qu'un champion en devenir ?
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