Les sauts devrais-je dire, car presque toutes les disciplines canines possèdent un ou plusieurs sauts dans leur programme....
En hauteur, en longueur, avec ou sans appui sur un support, ses impératifs ne changent guère: Faire que le chien déroule sa course d'élan, sa prise d'impulsion et sa réception dans un style fluide et coulé qui lui permette de fournir une prestation significative de ses possibilités, en préservant ses aplombs (et donc son squelette) afin qu'il puisse, d'une part reproduire ses performances tout au long de sa carrière et, d'autre part, atteindre l'âge de la retraite sans blessure invalidante.
Pour cela plusieurs méthodes sont performantes et chacun possède la sienne. J'attire juste votre attention sur la nécessaire réflexion qui doit accompagner le choix d'une méthode afin de vérifier qu'elle réponds aux impératifs que je vais citer avec suffisamment de cohérence pour être à la fois efficace et sécurisante.
Entre toutes les disciplines, c'est certainement le ring (et son cousin le campagne) qui possède les sauts les plus exigeants. Pour cette raison, nos amis ringueurs ont développé un savoir faire unique dont il serait absurde de se priver.
Une des particularités des sauts de ring, c'est l'absence de rapport d'objet associé à ces sauts. Pour cette raison, les techniques issues du ring ne font jamais appel à la prédation directe (c'est à dire à l'aide d'un objet jeté "à vue").
Les hauteurs conséquentes exigées par leur discipline leur impose en outre d'être très vigilants sur deux points: La distance d'appel et la technique de saut. Concernant la distance d'appel, la plupart d'entre eux utilisent un système de tapis ou de cibles progressivement réduites qui permettent au chien de connaître très exactement sa place de replacement après le premier saut. En outre, l'allure n'étant pas notée, la rapidité du déplacement du chien est sans importance. Cela induit un saut court, très rond , dont le dynamisme est entièrement dépendant de l'impulsion et non de la vitesse de la course d'élan.
La technique du saut en elle même repose essentiellement sur une poussée prolongée des postérieurs vers le haut et sur l'allongement de ceux ci vers l'arrière (action de "jeter" les pattes vers l'arrière)
cette attitude est obtenue facilement en apprenant au chien à sauter dans un cercle (un pneu, par exemple) suspendu. Le fait de replier ses postérieurs sous le ventre est alors impossible sans toucher le bord du cercle.
Une autre technique consiste à élargir la limite supérieure du saut horizontalement afin de l'allonger artificiellement pour obtenir une plus grande marge vis à vis de l'obstacle.
Un autre aspect de l'apprentissage consiste à encourager le chien à "prendre de la marge" vis à vis du saut, c'est à dire à pousser un poil plus qu'il lui semble strictement nécessaire pour franchir la barre. Nous avons tous en mémoire l'image de grands champions humains de saut en hauteur ou à la perche et nous sommes souvent surpris de les voir échouer sur une barre placée 20 cm en dessous de leur maximum habituel ; cela nous prouve que la tendance naturelle à s'économiser est une caractéristique partagée par les hommes et les animaux!
Pour obtenir ce résultat, il importe que tout l'apprentissage technique se déroule indépendamment de la recherche de la performance maximale : Une hauteur de 60 cm suffit pour régler les problèmes de distance d'appel et le travail du tapis et une hauteur de 80 cm est suffisante pour affiner la technique. En effet, il est important de choisir des hauteurs qui vont permettre un grand nombre de répétitions.
Les sauts avec appui (palissade) ne nécessitent un apprentissage particulier que dans le sens où on cherche à préserver l'intégrité musculo-squelettique de nos partenaires. Autrement dit, on s'occupe essentiellement de la descente! Pour ce qui concerne l'IPO, certains compétiteurs pensent même qu'on ne devrait pas tarder à nous imposer un système de zones de contact comme cela existe en agility.
Pour se préparer à cette éventualité et pour préserver leur compagnon, ils lui apprennent à dés-escalader la palissade, ce que nos copains ringueurs savent faire depuis belle lurette, par exemple avec un système d'arceaux souples ou en posant une récompense très près de la palissade. Si on travaille ce type de saut avec les boxs, il faudra très tôt rapprocher la box d'arrivée très près de la palissade. On obtient d'ailleurs de cette façon une amélioration de la poussée au pied de l'obstacle puisque le chien dispose de moins d'élan.
Notons au passage que seule la recherche de la performance et de la fiabilité de sa reproduction nous impose de régler des détails aussi fins que le nombre de foulées avant l'appel ou la façon de placer les pattes à la réception. Un échauffement conséquent est plus que souhaitable, il en devient obligatoire avant de s'attaquer à de telles barres!
La discipline Obédience a complètement évacué ce problème en demandant un saut ridicule qui ne nécessite aucun apprentissage particulier et ne génère aucune blessure. C'est un choix que l'on peut regretter dans la mesure où les tout petits chiens pourraient tout à fait sauter 50 cm et les plus grands, 60 ou 70 cm sans danger...
Pour tous les autres, la priorité est d'éviter les blessures. Non seulement celles qui se voient (donc plutôt musculaires ou tendineuses) mais aussi celles qui ne se voient pas tout de suite (usure des articulations, micro traumatismes osseux).
Donc, prudence avec les hauteurs demandées et avec le nombre des répétitions.