Le dressage moderne est souvent comparé à la construction d'un puzzle, non seulement dans le montage de chaque exercice mais également dans l'articulation de l'ensemble des exercices.
Cet état de fait résulte de deux contraintes: D'une part l'acquisition par le chien de compétences transversales (par exemple, le regard permanent) et d'autre part la préservation de la motivation par le renforcement de chaque partie de l'exercice.
Pour un exercice aussi simple que le coucher sous diversion, on peut considérer que l'image globale qu'il représentera est composé des morceaux de puzzles suivants qu'il conviendra de façonner puis d'articuler correctement:
-La tenue en position de base (attente de l'ordre du juge)
-La marche au pied précise et dynamique pour se rendre au point de départ de l'exercice.
-La rapidité de la prise de position
-La correction de cette même position (en sphinx exclusivement)
-La stabilité de cette position malgré 1)La diversion 2) La durée 3) La distance (cf: Mon article spécifique sur l'absence visible sur ce même blog)
-La concentration totale représentée par la fixation de la tête dans la direction où le maître a disparu.
-Le silence (équilibre entre la motivation, l'attachement et l'impatience)
-La reprise rapide du assis à l'ordre du maître
Or, dans cet exercice précis, la totalité des compétences décrites sont des compétences transversales, c'est à dire utilisables ou nécessaires dans d'autres exercices:
Le statique en PDB, la MAP, la rapidité , la correction et la stabilité de la position couchée, la fixation sur le maître, le silence, l'assis rapide...constituent tous des parties d'autres exercices.
En conséquence, on peut très bien bosser un exercice pour en renforcer un autre. Et on peut également travailler UNE seule partie d'un exercice qui sera transposable à d'autres.
Une des caractéristiques de ce type de travail, c'est non seulement de pouvoir (devoir!) travailler chaque composante d'un exercice séparément mais également de la récompenser (ou de la rectifier) comme s'il s'agissait d'un exercice à part entière et d'une façon totalement aléatoire.
En effet, il importe que le chien ne sache jamais à quel moment précis il va être récompensé au cours de l'exercice. De cette façon, il vous accompagnera au point de départ de l'exercice avec toute l'intensité voulue puisque cette simple suite est autant susceptible de lui amener sa récompense que la PDB qui va suivre, ou la vitesse de son couché, ou la fixité de son regard ou même l'exercice dans sa totalité!
Ce principe est, sinon méconnu, du moins oublié dans TOUS les entraînements de clubs auxquels j'assiste en IPO ou en obé. Il est pourtant évident que tout exercice ne devrait se dérouler en totalité que dans une perspective d'évaluation et jamais dans une optique d'entraînement! Soit on veut voir où ça en est en situation réelle, soit on bosse pour: fiabiliser, accélérer, affiner, rendre plus précis.....bref: Améliorer!
Cette notion de morceaux de puzzle à assembler prend tout son sens dès lors qu'on ne se contente pas de découper les exercices en tranches mais plutôt de les construire à l'aide de compétences complémentaires qui agiront en synergie au moment où elles seront juxtaposées à l'intérieur du même exercice.
Le meilleur exemple que j'en vois aujourd'hui, c'est l'utilisation des boxs inventées par Bart Bellon.
Mais pourquoi donc y faire les positions puisqu'il n'y a pas de positions statiques en RCI?
Tout simplement pour construire tout un tas de petites pièces de puzzle parfaitement superflues de prime abord mais qui vont venir améliorer la totalité du travail d'obéissance; parmi lesquelles:
-Le travail du regard (et accessoirement la discrimination auditive, les actions automatiques, etc...)
-L'indépendance de la position par rapport au positionnement ou à l'attitude du maître
-Le travail avec la récompense à vue (en triangle ou en losange) et la recherche de la validation du maître pour y avoir accès. Donc un énorme travail sur l'écoute et la concentration
-La permanence d'attitude et d'emplacement de départ, transposable à tout exercice travaillé avec la même méthode.
-La recherche d'activation globale du chien par compression (entre la récompense à vue et la contrainte matérielle)