itinéraire d'un enfant gâté (15)
l'obéissance et sa limite.
c'est un fait bien connu des compétiteurs , surtout dans les sports de mordant : plus un chien approche de la perfection dans un exercice, plus il est à la limite de la désobéissance ou de la perte de contrôle...et plus c'est beau!
par exemple, dans une garde au ferme, plus le chien est actif , réactif, survolté...moins il a de chance de se faire surprendre par une fuite de l'HA ...et plus on est près du coup de dent ! plus un aboiement est soutenu, vindicatif, proche de l'HA et dans un affrontement total , plus il est près de déraper...etc....
la où ça devient intéressant c'est que ce principe s'applique également à l'obéissance: plus un chien est proche de la désobéissance (sans l'atteindre),plus il CROIT qu'il peut désobéir...meilleur il est!
par exemple ,au cours d'une position réalisée pendant la marche , cette position ne peut atteindre la perfection que lorsque le chien est à l'extrême limite de l'anticipé.
au cours d'une suite au pied, s'il a la sensation qu'il peut provoquer la récompense ,voire la dérober dans une poche, il devient beaucoup plus intense.
il y a deux principaux mécanismes qui entrent en jeu:
mon premier ,c'est "désir" (lol) c'est à dire une quête du plaisir; le chien sait que le travail va déboucher sur le plaisir .
en théorie, il a bien compris que c'est le maître qui décide du moment où le chien est récompensé mais c'est plus subtil que celà : plus le chien s'imagine être le propre acteur du déclenchement du jeu où de l'attribution de la récompense ,plus il travaille avec intensité , d'une façon presque compulsive .
Mon deuxième c'est "anticipation"; plus l'action est connue du chien et plus il languit l'instant de la récompense ,plus il est tenté d'accélérer le tempo. en théorie, il sait que le maître détient les clés du rythme de l'exercice ,mais plus le chien PENSE qu'il peut dicter ce rythme plus il s'y montre brillant.
une obéissance efficace est bien sûr nécessaire à l'obtention d'un résultat propre et bien fini mais si le chien ne possède aucun espace où il puisse imaginer conduire l'exercice ,son travail devient mécanique et sans joie perceptible.
dans notre dressage il est donc important de conserver dans la tête du chien la petite lumière de la désobéissance qui lui fait croire qu'il peut à tout moment prendre le contrôle de l'activité. c'est dans cet espace qu'il dévoile sa nature profonde et qu'il se donne complètement à l'activité proposée.
mais c'est plus facile à dire qu'à faire! lol!