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Jamais sans mon chien!

Ce que je pense de "La détresse acquise"

Publié le 21 Février 2014 par Philippe Roustant

Voici un article paru sur le blog suivant:

"marie-perrin-comportementaliste.blogspot.com"

Elle est suivie d'une vidéo de César Milan , l'éducateur américain que j'ai eu le plaisir de rencontrer et de voir travailler. Dans cette terrible vidéo on voit César contraindre avec une laisse un tyran domestique qui a déjà mordu ses propriétaires à plusieurs reprises et qui risque l'euthanasie si cet éducateur ne lui fait pas comprendre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas! Qu'en raison de celà on le présente comme le champion de la détresse acquise me paraît légèrement exagéré: C'est oublier bien vite qu'il sauve en réalité la vie de ce chien, au contraire de certains comportementalistes prompts à conseiller l'euthanasie des cas lourds qu'ils sont incapables de gérer.

Si la première partie du texte fait référence à des travaux scientifiques incontestables (Learned helpness theory par Martin Seligman ) , la suite de l'article procède d'une dangereuse généralisation rapportée à l'éducation canine.

En effet, outre le fait que Martin Seligman cherchait en réalité à expliciter certains comportements humains lors de la deuxième guerre mondiale et qu'il lui était impossible déontologiquement d'utiliser des cobayes humains, le fait d'étendre le concept de "détresse acquise" à toutes les manifestations de frustration inhibées me paraît participer d'un raisonnement spécieux.

Madame Perrin fait ainsi référence à la célèbre scène du film "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" où Robert Redford, armé de son seul chapeau de cow-boy, poursuit un cheval sauvage dans un enclos rond jusqu'à ce que l'animal vienne de lui même poser sa tête sur son épaule. Rappelons qu'il s'agit là d'un comportement complètement naturel facilement observable dans les hardes de mustangs. Horrible crime de lèse liberté visant à reconnaître chez le cheval , comme chez le chien, une ritualisation des comportements agonistiques de dominance.

S'ensuit une longue diatribe sur toutes les situations où on oblige les chiens à inhiber des pulsions parfaitement naturelles, comme celle d'aboyer.

Nous connaissons tous, hélas, beaucoup de chiens aboyeurs qui ont payé ce léger travers non corrigé d'un abandon ou d'une euthanasie!

Qu'un propriétaire tente de sauver la vie de son animal grâce à un collier à la citronnelle (ou même électrique) ne me semble pas relever de la pire barbarie.

Si l'on en croit l'auteur, toute action visant à réprimer un comportement naturel chez le chien est suceptible d'entraîner cette terrible "détresse acquise"

Je suppose donc qu'il faut également se garder de réprimer l'instinct de proie sur les animaux de basse cour ou sur les chats et qu'on peut sans souci laisser médor exprimer son instinct de garde sur le facteur faute de quoi, on risque de le plonger dans une grande détresse psychologique pouvant conduire à la dépression chronique!

Ma foi, en y repensant, je trouve que moi aussi, je suis victime de ce terrible syndrôme : J'ai tenté de nombreuses fois de me soustraire à une longue scolarité avant de m'y résigner; j'ai rechigné à aller tous les matins au boulot avant de m'y faire; J'ai compris l'inutilité de chercher à discuter avec les forces de l'ordre qui, par définition, ont toujours raison! Je respecte les interdits et l'autorité ...bref, je fais comme mon chien: Je gagne mes instants de liberté grâce à ma bonne éducation qui m'a définitivement plongé dans "un état de détresse acquise"...et je gage qu'il n'est pas plus malheureux que moi puisqu'il continue au quotidien à se montrer "actif et ouvert" (voir mon article dédié) ce qui est communément admis comme le contraire d'un symptome dépressif...

Voilà donc cet article pour vous faire votre propre opinion:

L'état de détresse acquise , par Marie Perrin

Soumis à nos lubies les plus folles, dressés par le biais de méthodes coercitives, non respectés dans leur être et leur identité, nombre de chiens apprennent, dans la douleur, qu’il ne sert à rien de lutter : ils sont en état de détresse acquise, une forme de dépression dont, malheureusement, l’on ne parle guère.

Martin Seligman, chercheur en psychologie, professeur à l’université de Pennsylvanie, formula à la fin des années 60 sa théorie de l’impuissance apprise (learned helpness), depuis largement adoptée par la communauté scientifique internationale. A l’aide d’expériences menées sur des chiens, il démontra qu’un individu, humain ou animal, placé dans l’incapacité de contrôler les événements survenant dans son environnement, adopte une attitude résignée et passive. On la dit « apprise » car, même si l’individu a ensuite la possibilité d’agir sur ce qui lui arrive, il reste sans rien faire, comme anesthésie, sidéré.

L’expérience de Seligman (et de son équipe) fut la suivante : il soumit des chiens entravés à des chocs électriques. Les chiens pleurèrent, hurlèrent, tentèrent d’échapper à leur sort. Puis ils renoncèrent et se couchèrent au sol, manifestant des symptômes semblables à ceux de la dépression humaine. Lorsque Seligman les laissa libres de pouvoir s’échapper, il s’aperçut que les chiens ne tentaient plus de fuir la douleur : ils avaient appris à l’accepter avec résignation.

De nombreuses espèces sont concernées par l’impuissance acquise : il n’y a qu’à penser à cette célèbre scène de « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » lorsque, vaincu et rompu, le cheval ploie l’échine devant son bourreau « chuchoteur ». L’être humain, lui aussi, peut, suite à des traumatismes, du stress ou des situations répétées de double contrainte, perdre sa capacité à rebondir, à s’adapter. Il subit alors anxiété, apathie, dépression, perte de motivation, parfois de manière irréversible. L’actualité de ces dernières années fournit en nombre des exemples de ces désespoirs parfois mortels.

Des états de détresse acquise plus nombreux qu’on ne le pense

Les états de détresse acquise sont plus fréquents qu’on ne l’imagine chez nos chiens de compagnie, forcés de mille manières à se plier à notre volonté : attachés en bout de chaîne, enfermés toute la journée, dressés à l’aide de méthodes irrespectueuses, violentes et coercitives, affublés de colliers anti-aboiement (électriques ou à citronnelle)… autant de situations auxquelles ils ne peuvent pas se soustraire et qui, de fait, les plongent dans la résignation la plus profonde qu’à tort, nous prenons pour un apprentissage positif, du bon tempérament ou du « simple » conditionnement.

Prenons l’exemple du collier anti-aboiements : le chien ne peut pas fuir les décharges puisqu’il a en permanence le boîtier attaché au cou. Et dès qu’il vocalise (comportement naturel pour lui, rappelons-le !, parfois même, de surcroît, encouragé dans certaines circonstances), il se voit délivrer une décharge (électrique ou odorante) à laquelle, inévitablement, il ne peut rien comprendre. Il va peut-être apprendre à se taire, mais au prix de quelle souffrance psychique ? Certes, le comportement gênant aura disparu, mais pourquoi ? Tout simplement parce que le chien aura appris qu’il ne sert à rien de résister.

L’on peut aussi citer ces chiens d’exposition, bêtes à concours laquées, talquées, brossées, pomponnées, parfumées, parfois même colorées, et qui, une fois sur le ring de beauté, sont saisis de part et d’autre du corps, une main sur le museau, une main pour redresser la queue à la verticale, mis et remis en place malgré le bruit et la chaleur : n’ont-ils pas, eux aussi, fait l’apprentissage que rien ne sert de se défendre ? Ces chiens apparemment si dociles sont, en fait, en état de détresse acquise : ils ont capitulé…

Que voulons-nous pour nos chiens ?

Est-ce réellement ce que nous voulons pour nos chiens que, par ailleurs, nous disons chérir de tout notre cœur ? Aimer, n'est-ce pas respecter l’autre dans son identité propre, dans sa différence? N'est-ce pas apprendre à le connaître pour ne pas lui demander plus que ce qu’il peut donner ? Aimer, c’est aussi ne plus vouloir, à tout prix, un compagnon parfait, mais plutôt un compagnon heureux et équilibré. C’est ne pas le forcer à subir nos mille fantaisies coûte que coûte, mais accepter qu’il soit un chien, et non pas un substitut d’humain. Un chien qui exprime son désir, qui réagit, qui interagit, et qui nous « dit » parfois, à sa manière, que ce qu’on lui demande ne lui plaît pas. A nous de tolérer de n’avoir pas systématiquement gain de cause. Et de viser sa coopération et sa collaboration plutôt que sa « soumission"

Voilà également le lien vers la vidéo concernée:

https://www.youtube.com/watch?v=IjLDQmgYd-s&list=WLIrBX9O_n-38RgU6Jps8R9lnreXMS1MS2

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T
Bonjour,<br /> votre point de vue est intéressant, mais je pense qu'à l'instar de mlle Perrin, vous passez trop vite sur certains points.<br /> Par rapport à l'impuissance apprise, je pense en effet qu'on a vite fait d'exagérer et de voir des chiens dans cet état à chaque coin de rue.<br /> Pour ma part, je pense qu'il existe un état proche d'impuissance apprise, un état où le chien est simplement résigné et &quot;prend sur lui&quot;.<br /> <br /> Quand vous dites &quot;Si l'on en croit l'auteur, toute action visant à réprimer un comportement naturel chez le chien est suceptible d'entraîner cette terrible &quot;détresse acquise&quot;&quot;, je pense que vous avez mal interprété ses propos, ce n'est pas aussi simple que cela.<br /> Il est vrai que lorsque l'on empêche le chien d'être un chien (on veut le faire cesser d'aboyer, de sauter sur les gens, de creuser des trous, de pourchasser les poules...), on le frustre énormément.<br /> Un chien frustré qui ne peut s'exprimer et se comporter comme il le veut peut développer des comportements compensatoires, voire même des maladies psycho somatiques à long terme.<br /> Un chien frustré qui inhibe une multitude de comportements, peut effectivement se retrouver dans un tel état. Toutes ses tentatives sont vaines, il ne peut plus rien y faire.<br /> <br /> &quot;Qu'un propriétaire tente de sauver la vie de son animal grâce à un collier à la citronnelle (ou même électrique) ne me semble pas relever de la pire barbarie&quot;<br /> C'est avec ce genre de réflexion, justement, que l'on arrive à cela. Je ne vais pas parler des dangers physiologiques des collier électriques. Simplement du fait que si on masque le symptôme, on ne règle pas le problème pour autant.<br /> Un chien aboyeur ne l'est pas pour rien. Il faut comprendre pourquoi il le fait, et il y a beaucoup de causes différentes. Peut être que le chien s'ennuie et aboyer est pour lui une façon de se distraire ? Peut être qu'il ne sort jamais de son jardin et qu'aboyer est une façon de dépenser un surplus d'énergie ? <br /> Si on empêche le chien de s'exprimer, il trouvera un autre moyen de compenser cette frustration, peut être en détruisant le canapé ou en creusant des trous dans le jardin...<br /> Et si on interdit toutes ses tentatives de compensation, on risque effectivement de se retrouver avec un chien dépressif, ou en impuissance apprise.<br /> <br /> Quant au dernier paragraphe, ce n'est pas parce qu'on instaure un cadre de vie au chien qu'il est malheureux. Il faut simplement le faire de la bonne manière, par exemple, en lui montrant ce qu'il a le doit de faire plutôt que de simplement lui interdire des tonnes de choses.<br /> <br /> Comme vous l'avez souligné, partir dans les extrêmes n'est pas bon, mais tout prendre à la légère non plus...<br /> <br /> &quot;C'est oublier bien vite qu'il sauve en réalité la vie de ce chien, au contraire de certains comportementalistes prompts à conseiller l'euthanasie des cas lourds qu'ils sont incapables de gérer&quot;<br /> Ce n'est pas parce que certains comportementalistes font mal leur travail que l'on peut dire que CM détient les bonnes solutions.<br /> <br /> Dans la vidéo en question, n'importe qui peut voir que le chien n'est pas calmé, il est complétement paniqué il ne peut pas se défendre puisqu'il est muselé, il ne peut pas s'enfuir parce qu'il est attaché, le seul moyen qu'il a trouvé pour que ça s'arrête est de ne pas bouger, de s'inhiber.<br /> --&gt; détresse acquise.<br /> Je reste persuadée qu'on peut faire autrement. Cela prend du temps, certes, mais il y a d'autres moyens, moins spectaculaires, mais ayant de bien meilleurs résultats à long terme.<br /> Jonbee était un chien qu'ils ont récupéré dans la rue, qui sait ce qu'il a enduré auparavant ?<br /> Son problème ? Il ne voulait pas se &quot;soumettre&quot; et était agressif dans la maison, peut être qu'il y était simplement mal à l'aise ? Le museler et le contraindre à se coucher de force n'est pas la bonne solution, il faut y aller doucement, il faut de la patience pour gagner de la confiance...
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C
Bonjour à tous, <br /> <br /> Ce qui me semble très spécieux dans le raisonnement de Mme Perrin c'est qu'elle biaise le raisonnement dès le départ pour pouvoir extrapoler l'expérience de Seligman à l'éducation canine. <br /> Dans l'expérience de Seligman, les chiens sont entravés et ne peuvent échapper à la douleur du choc électrique, aucune alternative ne s'offre à eux que de &quot;supporter&quot;. Le choc électrique n'est pas associé à un comportement qu'ils développeraient et qui serait sanctionné, il leur est envoyé quel que soit leur attitude. L'exemple des colliers à citronnelle ou électriques que donne l'auteur de l'article ne saurait être comparé à l'expérience de Seligman pour une raison très simple : le chien peut, en adaptant son comportement ne pas subir le pchit ou l'impulsion électrique, il a une possibilité de ne pas subir la &quot; correction&quot; et donc de ne pas tomber dans l'état d'impuissance acquise dont parle Mme PERRIN. IL &quot;apprend&quot;, certes par renforcement négatif, il &quot;apprend&quot; que s'il n'aboie pas il ne subit rien de désagréable. <br /> A vouloir se saisir de toutes les théories susceptibles, au premier abord, d'apporter de l'eau au moulin du courant de pensée &quot;tout tout tout en positif, nous seuls sommes dans le respect absolu de la nature profonde du chien&quot;, on finit par perdre la clairvoyance minimum qui évite de se fourvoyer dans des extrapolations bancales, extrapolations qu décrédibilisent le raisonnement mais font apparaître au grand jour le fond de la pensée de l'auteur : aucune &quot; contrainte&quot; ne saurait intervenir dans l'éducation d'un chien, on ne doit pas brider ou canaliser son instinct. En ce cas, le retour aux âges d'avant la domestication du chien me semble être la seule solution...Il y a 10 ou 15 000 ans que nous forçons les chiens &quot; de mille manières à se plier à notre volonté&quot; : en lui permettant de chasser pour nous mais pas detuer et manger le gibier, de rassembler nos moutons sans les tuer au bout de la course, de garder nos maisons sans dévorer l'intrus...c'est même précisément parce que nous l'avons soumis à un certain nombre de comportements bridant sa &quot; nature &quot; de canidé prédateur que la collaboration homme/chien s'est tant développée et a perduré. <br /> Je précise que je ne suis moi-même en rien partisane de méthodes dures ou violentes mais que certains moyens s'imposent parfois pour permettre à un chien de vivre bien ou mieux avec ses maîtres. Entre quelques pulvérisations à la citronnelle ou quelques impulsions électriques et la piquouze définitive....je préfère le collier !<br /> La vraie question à poser à Mme PERRIN est toute simple : comment aurait-elle traité et résolu le problème de cette chienne inapprochable et mordant systématiquement dans la maison ? Comment, sans utiliser de matériel permettant de contenir physiquement cette chienne pour, non pas lui infliger une douleur, mais un contact neutre, aurait-elle procédé ? Là encore, l'exemple de ce cas traité par César Milan, ne peut se comparer à l'expérience de Seligman : Milan ne fait pas mal volontairement à un chien entravé, il utilise la laisse lasso pour l'obliger à s'allonger sur le flanc, desserre immédiatement le lien autour du cou et caresse...on est très loin de la &quot;détresse acquise&quot; !<br /> <br /> Bonne journée à tous.
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C
Je partage tout à fait votre point de vue. Merci pour cet échange et pour la qualité de votre blog.<br /> Bonne soirée.
S
En allant plus loin, on constate que certaines races, en particuliers les molossoïdes, sont plus concernées par les problèmes de territorialité.<br /> En effet, mono-discriminants par nature, ils aiment défendre la chose élue (instinct de défense supérieur à l'instinct de proie).<br /> Tous les chiens que j'ai connus qui manifestaient une territorialité exacerbée appartenaient au deuxième groupe, sauf le beauceron.<br /> Les conduites observables chez ces individus étaient toutes comparables:<br /> -Auto délimitation des limites du territoire (donc sans clôture)<br /> -Diminution de la phase appétitive avant l'agression<br /> -Acharnement (plusieurs morsures graves)<br /> -Effet de meute réduit (un seul chien agressant, les autres aboyant) <br /> -Discrimination des espèces concernées (humains et chiens ou humains seuls)<br /> Il est par ailleurs significatif de constater que les ayatollahs du tout positif, se réfèrent essentiellement à des races anglo saxonnes qui sont bizarrement les moins pourvues en instinct de défense, donc en territorialité. <br /> Aucun de ces bisounours ne pratique non plus de discipline de saisie à haut niveau...justement là où l'on trouve le plus de chiens pugnaces et au caractère fort, susceptibles de poser certains problèmes de positionnement hiérarchique.<br /> Il est clair que si l'on se réfère au Border collie , au Setter ou au Beagle, il paraît plus facile de nier certains comportements liés à la dominance intra ou inter spécifique!
C
Sur le blog de Mme Perrin on peut trouver un autre article publié en octobre 2013 ( visible dans les archives 2013) et relatif à la notion de territoire chez le chien. <br /> Elle se fait écho des courants éthologiques remettant en cause la notion de territorialité chez le chien. La définition éthologique du mot territoire ( qu'elle retient préférentiellement parmi d'autres ) ne concernant que les animaux de la même espèce, le chien ne saurait être un animal &quot;territorial&quot; puisqu'il ne se contente pas de repousser les chiens de son &quot; territoire&quot; mais tous les intrus y compris humains...<br /> <br /> Voilà un extrait de ce qu'elle écrit :<br /> &quot; Le Larousse le décrit comme un « espace relativement bien délimité que quelqu'un s'attribue et sur lequel il veut garder toute son autorité ». Si l’on suit cette définition, le chien peut être perçu comme un animal territorial, certains chiens étant très sourcilleux avec cet espace. Aussitôt, surgit une autre question : s’agit-il réellement du territoire du chien ? Le chien, par apprentissage et conditionnement, ne se contente-t-il pas de faire sienne la propriété humaine ? Plutôt que de parler de territoire, ne devrions-nous pas parler de ressource ? Envisager la maison (l’appartement) et le bout de jardin comme une ressource parmi d’autres ?<br /> <br /> Allons plus loin... en éthologie, le territoire est un espace où l’individu (ou le groupe) refuse l’intrusion d’un individu de la même espèce (ou parfois seulement de la même espèce et du même sexe). Il induit du marquage, de la défense, des comportements agressifs[]. L’important, ce qu’on doit retenir et souligner, c’est que ce territoire est intrinsèquement lié à l’espèce. Un lion va chasser de son territoire tous les lions étrangers, et marquer les limites de son espace pour leur indiquer qu’ils entrent en zone réservée. En revanche, les individus des autres espèces (humains, oiseaux, loups, peu importe) ne seront pas en aucun cas concernés par cette exclusion.<br /> <br /> Partant de là, le chien familier devrait défendre son territoire contre les congénères, mais en aucun cas contre les chats ou les facteurs. &quot;<br /> et un peu plus loin :<br /> &quot; Par conformisme, par habitude, parce que c’est ainsi que, depuis des décennies, l’on décrit le chien domestique, nombre de « spécialistes » continuent pourtant à parler de la territorialité du chien. C’est vrai qu’il est bien pratique de parler de marquage ou de défense de territoire lorsqu’on ne sait pas comment décrypter des comportements problématiques. Votre chien est agressif ? C’est parce qu’il est territorial – territorialité, dominance et agressivité allant souvent de pair dans l’inconscient collectif. Votre chien urine dans la maison ? C’est parce qu’il marque son territoire. Et ainsi de suite…&quot;<br /> <br /> Plusieurs choses me gênent dans ce développement :<br /> - d'abord le choix d'une définition purement &quot;éthologique&quot; alors que d'autres plus &quot;ouvertes&quot; existent. Par exemple dans le LEXIS on trouve &quot; zool, espace limité où un animal a élu domicile, qu'il défend âprement et qu'il ne quitte qu'en cas de force majeure.&quot; <br /> - ensuite la volonté à peine voilée de faire du chien un animal &quot;non territorial&quot;...parce que la notion de territorialité entrainerait dans son sillage celle d'agressivité et de dominance dans &quot; l'inconscient collectif&quot; selon Mme Perrin et conduirait à des écueils dans le traitement de problèmes de comportement &quot;domestiques&quot; ( pipi dans le salon, agressivité envers les propriétaires...). <br /> Je m'interroge... en quoi le fait de dénier le sens du territoire au chien fait-il vraiment avancer la cause des chiens dont le problème de comportement est mal compris donc mal traité ? Pour être tout à fait honnête cela fait très longtemps que je n'ai pas entendu un éducateur &quot;expliquer&quot; des soucis de malpropreté ou d'agressivité par la &quot;territorialité&quot; du chien...dans la bouche de certains propriétaires peu au fait de la chose canine oui, parfois, mais venant de &quot;professionnels&quot;...non. Mais enfin, là n'est pas l'essentiel.<br /> En fait, je me demande si, là encore, pour nourrir la thèse du &quot;je suis quelqu'un de bien mon chien c'est mon copain&quot;, &quot; entre nous c'est tout dans la joie et le vrai respect&quot;, thèse qui, bien sûr ne colle pas avec les notions de &quot;maître- leader&quot;, &quot;d'autorité bienveillante&quot;...nous n'assistons pas à un dynamitage en règle des concepts qui, s'ils ne sont pas parfaits, ne sont cependant pas totalement infondés.Je m'explique, les tenants du &quot;vrai respect, tout positif&quot; ont du mal à accepter l'idée de leadership et de &quot; devoir&quot; dans l'éducation canine, la hiérarchie n'existant pas pour eux dans les relations homme/chien, puisque, à l'instar du territoire, la hiérarchie ne s'appliquerait, éthologiquement parlant, qu'à des individus de la même espèce, et qu'il va sans dire que nos chiens savent pertinemment que nous ne sommes pas des chiens ! Exit donc l'idée de hiérarchie, de dominance et de soumission...restait le &quot; territoire&quot; qui marcherait de concert avec la dominance et l'agressivité : comme nos chiens en chasse les intrus humains comme canins, soit on est forcé d'admettre que nos chiens, tout en sachant que nous ne sommes pas des congénères, nous englobent dans leur univers ( peut-être suite au long compagnonnage entre nos deux espèces, ont-ils développé un positionnement unique dans le monde animal genre distinction mais inclusion comme espèce &quot;à prendre en compte&quot;) et auquel cas, l'idée qu'il n'y a pas de positionnement hiérarchique possible entre l'homme et le chien prend l'eau ( si le chien est capable de considérer l'homme comme une espèce à chasser de son territoire comme il le ferait d'un congénère, il devient compliqué de lui refuser de se placer hiérarchiquement vis à vis de l'humain et parfois d'avoir des velléités de leadership sur l'homme...), soit ...soit on attaque la notion même de &quot;territoire&quot; ..parce qu'elle nous gêne dans le déploiement de notre &quot;raisonnement&quot; et mine le socle de l'approche &quot; libres chiens de Summerhill&quot; (pour parodier le titre de l'ouvrage de Neill et parce que les dérives éducatives atteignent, il me semble, le milieu canin après avoir touché l'éducation de nos &quot;chères têtes blondes&quot;...).<br /> <br /> Autant je peux trouver que dire d'un chien qu'il est &quot;dominant&quot; dans l'absolu est absurde puisque ce positionnement se fait &quot; par rapport&quot; à un autre individu et que donc un chien peut-être &quot;dominant&quot; en face de Youki mais ne pas la ramener en face de Boby, si Boby se montre encore plus sûr de lui et persuasif. Autant il me semble dangereux de vouloir tordre la réalité pour la faire rentrer dans le petit bout de la lorgnette qui nous sert...on peut tenter de vider de leur substance les mots utilisés, il n'en demeure pas moins qu'un chien à besoin d'un maître qui pose un cadre et qu'il a besoin de savoir quelles sont les règles en vigueur, qui les fixe et qui doit les respecter dans et hors de la zone occupée par son groupe. Il n'est question ni de violence, ni de faire de nos chiens des carpettes éduqués à coups de lattes, juste de définir, dans le respect de l'animal, qui est le leader. <br /> Voilà, c'était juste mon point de vue...et un petit &quot; aboiement&quot; devant certaines positions ;-)<br /> <br /> Bonne soirée.
S
Je suis parfaitement d'accord avec votre analyse...
G
&quot;Madame Perrin fait ainsi référence à la célèbre scène du film &quot;L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux&quot; où Robert Redford, armé de son seul chapeau de cow-boy, poursuit un cheval sauvage dans un enclos rond jusqu'à ce que l'animal vienne de lui même poser sa tête sur son épaule&quot;<br /> Pour avoir vu le film, ancienne cavalière donc intéressée, je serai tentée de penser que ce n'est pas de cette scène (tourner dans le rond) que vous décrivez ci dessus à laquelle il est fait allusion dans l'article cité, mais de la scène quasi finale où effectivement le chuchoteur fait totalement choir/chuter le cheval entravé , &amp; invite la jeune cavalière à le toucher puis le monter...le cheval étant effectivement allongé par terre pris &amp; maintenu ...<br /> Il ne s'agirait donc pas (dans cette remarque de juste faire tourner le cheval dans le rond...c'était une petite précision pour 2 scènes bien différentes.
Répondre
S
Merci de cette précision; Effectivement, la scène semble plus correspondre à la description.
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