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Jamais sans mon chien!

La violence psychologique faite aux chiens

Publié le 21 Septembre 2013 par Philippe Roustant

En notre époque troublée, berceau de toutes les contradictions et où l'anthropomorphisme a force de loi, nous voyons fleurir de toute part des commentaires, des pétitions, des moratoires, des professions de foi visant à modifier certaines méthodes, certaines pratiques voire certaines disciplines de sport canin. J'aimerais ici développer ma vision des choses. Celle d'un utilisateur multi-disciplinaire, amoureux des disciplines de sélection.
La France est historiquement un des trois pays fondateurs du dressage canin à destination d'un programme de défense (avec la Belgique et l'Allemagne). Les différents programmes pratiqués dans ces pays ont rapidement constitué LE critère d'amélioration caractérielle des races qui y sont soumises.
Les Anglais ont développé l'agility, les pays nordiques se sont emparés de l'obédience et les U.S.A ont plébiscité les disciplines sportives et récréatives du type fly ball et fresbee mais toutes ces disciplines demeurent purement sportives et récréatives sans pouvoir participer à une sélection caractérielle. Je mets volontairement à part la discipline "troupeau" qui constitue indéniablement une sélection aboutie et complète mais qui ne concerne qu'un nombre trop limité de races, voire d'individus.
La plupart de ceux qui pratiquent une discipline de saisie n'ont pas à se soucier de la motivation de leur élève; celui ci pourra présenter des dispositions naturelles à des degrés divers mais toujours de manière suffisante pour pouvoir atteindre un niveau correct (au moins dans les lignées de travail).
L'accession vers le haut niveau de ces disciplines est d'une telle difficulté qu'il nécessite la conjonction de plusieurs facteurs (Maître compétent , équipe fiable, club affilié...etc...) et les capacités effectives du chien ne constituent qu'une des clés de la réussite.
Dans les disciplines émergentes, l'importance de la génétique est moindre; Ce qui prévaut ,c'est le savoir faire du dresseur! Ces disciplines ne nécessitant aucune résistance particulière à la pression on peut souvent y réussir avec un chien sensible, voire peureux. L'autre caractéristique des disciplines relevant de la CNEA c'est de pouvoir être pratiquée avec des chiens non inscrits au L.O.F. La conséquence immédiate est un nombre de pratiquants plus élevé, même si elles ne comportent pas plus de compétiteurs chevronnés (à haut niveau).
Fort logiquement les pratiquants des différentes disciplines sont amenés à comparer leurs méthodes voire à s'en inspirer quand celles-ci apparaissent comme plus logiques ou plus efficaces.
Ce phénomène est sain et normal: L'obédience, à ses débuts, s'est largement inspirée du plat de ring, puis de celui de RCI lorsque les notions de joie et de vitesse sont devenues plus importantes. Les différentes disciplines de saisies procèdent ainsi depuis fort longtemps. Les Rcistes ont toujours compris ce qu'ils pouvaient tirer du savoir faire des ringueurs pour monter leurs sauts ou régler leurs cessations.
Ce qui est plus discutable, c'est de dénigrer les méthodes employées par ses voisins, alors même qu'elles respectent en tous points le cadre prévu par le législateur pour ce qui concerne la protection des animaux de compagnie!
Lorsque je vois des ringueurs régler une garde d'objet avec des longes, je n'ai pas la prétention d'aller leur suggérer de le faire avec un clicker! Sans doute y ont ils déjà pensé...Sans doute ont ils buté sur d'insolubles problèmes de sur-motivation liés au costume...Il n'y a qu'eux pour pouvoir le dire et certainement pas un pratiquant d'obé-rythmée ou un agilitiste!
Lorsque je fais respecter la manche à un "client" au moment où il arrive dans la cache pour aboyer, je n'ai pas à envoyer une demande en trois exemplaires à la DSV pour lui mettre une tape sur le museau. Je le fais sans état d'âme...
Dans toute action de dressage, l'important est de respecter trois grands principes:
-On ne doit utiliser que des outils de dressage autorisés.
-Le chien doit sortir totalement indemne physiquement et psychologiquement de la situation.
-Placé dans une situation de choix, le chien doit poursuivre l'activité volontairement et avec envie.

C'est bien là que le bât blesse....
J'observe malheureusement que les donneurs de leçons, prompts à s'enflammer en critiquant les disciplines de saisie sont d'une singulière cécité lorsqu'il s'agit d'observer leur propre chien!
Combien de chiens marchant tristement pendant la M.A.P en obé?
Combien de rapports d'objet inexistants ou exécutés au ralenti?
Combien de chiens avec une motivation inexistante pour le travail?
Combien de chiens avec une pulsion de jeu réduite à néant?
Est il moralement acceptable d'amener sur un terrain de travail un chien qui n'a aucune envie d'être là?
Est-il concevable sur le plan de l'éthique sportive d'obliger un chien à réaliser un exercice alors même qu'il n'a, non seulement aucune envie d'être là, mais également aucune appétence pour la récompense qu'on peut lui promettre en échange?
Est-il compatible avec le bien être animal de proposer à un chien une tâche qu'il est génétiquement (par sélection ou par exception génétique) inapte à accomplir avec plaisir?
Je pense que tous ceux dont le chien ne travaille pas avec plaisir malgré une méthode cohérente et motivante devraient soit changer de discipline soit considérer que leur animal n'est génétiquement pas capable de produire un tel travail ....et que par conséquent, il est déontologiquement nécessaire de le laisser tranquille!
Nous connaissons tous, dans toutes les disciplines, des conducteurs qui s'obstinent à pratiquer et concourir avec des chiens qui n'ont aucune envie de faire ce qu'on les oblige à répéter sans cesse...
C'est, à mon sens, une faute bien plus condamnable que celle qui consiste à cadrer avec une longe ou un collier à pointes un chien qui s'éclate à pratiquer ce pour quoi il a été conçu et sélectionné.
Un peu de respect pour ce qu'on connaît mal me semble nécessaire pour éviter les clichés malveillants....et les insultes évidentes au bien être animal.

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L
Je suis entièrement d'accord que l'on ne peut obliger un chien a faire des choses dont il n'a pas du tout été fait pour cela. Il faut tenir compte de l'envie du chien , de ses compétences a faire telle ou telle autre chose . J'ai 3chiens et ils sont tous différents.c'est moi qui m'adapte a leur rythme et pas eux. Le plus vieux a 16ans. Il y voit mal et il est sourd. Avec les 2 autres chiens. On est ses yeux et ses oreilles et il s'en sort très bien avec nous .On le laisse renifler a sa guise et on marche doucement. On est très attentif a lui et les autres l'aident dehors lors des promenades . C'est génial. Je suis très fière de mes chiens
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D
Bonjour Philippe,<br /> tu as des soucis avec la DDSV :) (qui ne s'appelle d'ailleurs plus comme ça)<br /> Tu aurais pu citer le pistage et la recherche en décombres comme disciplines sélectives. Certes différent des disciplines de prise, mais nécessitant tout autant de qualité (ténacité, résistance au stress, ..).<br /> Par contre, je ne partage pas complètement le fin de ton article. Je ne pense pas que ce soit la faute des chiens si ils s'ennuient sur un terrain, mais la faute du dresseur. Il n'a pas su trouver ce qui motive le chien. l faut parfois sortir de la bouffe et de la balle (toi meme tu cites le gout de la baignade de ton précedent chien).<br /> C'est uniquement parceque les maitres manquent d'imagination, ou de patience, mais trouver LE truc qui rends dingue leur chien.<br /> Il m'est arrivé de chercher longtemps, mais on fini toujours par trouver. Il faut aussi savoir observer son chien, et ne pas avoir peur du ridicule sur le terrain.....
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D
Philippe,<br /> je ne parlais pas de transformer un chien très moyen en champion, je reprenais juste le passage ou tu parlais des chiens qui s'ennuient sur un terrain de concours (quelle que soit la discipline ou l'échelon). Ces chiens là n'iront certainement pas plus haut, mais au moins qu'ils s'amusent, et leurs maître aussi. On en voit effectivement beaucoup trop qui s'emmerdent franchement (maître comme chien).<br /> et bien évidement qu'un chien sans caractère ne fera jamais un bon chien de disipline de mordant..<br /> <br /> Tout les chiens ne visent pas les championnats du monde.<br /> Dans la sélection canine, il y a des degrés. Certes le pistage ne permet pas un niveau de sélection comme avec les disciplines de prise, mais un bon chien de piste est un bon chien. <br /> Même dans la sélection par le mordant, Bart Bellon fait une différence et place le ring au dessus du RCI (la sélection des chiens, pour le dresseur, il dit que c'est l'inverse ...)<br /> <br /> Et les chiens de Patrick Villardry, bien que non sélectionné comme son pitbull, sont aussi de bons chiens (la roulette génétique sort parfois des numéros gagnants!)
S
je ne partage pas ce point de vue...j'ai vu des chiens en FCI3 ou en Français très &quot;justes&quot; en caractère....et Patrick Villardry, que je connais bien, a réussi de nombreuses fois en décombres avec des chiens non sélectionnés. De plus, beaucoup de pisteurs sont en fait indirectement sélectionnés par les disciplines de saisie par l'intermédiaire de leurs ascendants. Serge Quartesan a de nombreuses fois tenté de nous faire croire qu'il avait sélectionné une lignée de pisteurs en partant de la beauté...il oublie que c'est d'abord son savoir faire qui les a façonnés. Dans le mordant, une chèvre restera une chèvre, fut elle coachée par le plus grand champion! et pour finir, je crois que certains chiens sont génétiquement incapables de tout travail quelque soit l'habileté du dresseur et la méthode employée: on ne fait jamais un cheval de course avec un âne...et je suis prêt à le prouver!