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Jamais sans mon chien!

Entretien avec Michel Domage

Publié le 11 Novembre 2012 par Philippe Roustant

Entretien avec Michel Domage

Beaucoup d'entre vous connaissent Michel Domage , au moins de nom: Pisteur émérite avec plusieurs races (Labrador, Berger Allemand, Malinois, Rouge de Hanoeuvre ....etc..)

Champion de france de pistage Français , Finaliste en FCI et j'en passe...

J'essaie de ne pas perdre une occasion de discuter pistage avec lui et ,cette fois ci, je lui ai demandé s'il entraînait la "fausse" et ,si oui, comment?

avec sa gentillesse naturelle ,il m'a expliqué sa vision de la chose ; toujours travailler en longe avant de reproduire en libre...mettre d'abord le chien dans le sens du terrain pour qu'il puisse se servir de ses yeux avant de le mettre en diagonale ...toujours marquer ses départs de fausse pour pouvoir contrôler et récompenser.

Pénible comme vous me connaissez, je me suis grouillé de lui réclamer des petits dessins ,que je me suis empressé de reproduire en couleur for your eyes only!

voilà ce que ça donne:

après les coupes simples du tracé ,droite, puis ondulantes ,puis en biais sur des distances grandissantes...il travaille les entrées et sorties de la fausse sur la piste...

comme ça:

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l'amour de la contrainte

Publié le 9 Novembre 2012 par Philippe Roustant

Beaucoup de chiens aiment la contrainte . leur personnalité se construit par rapport au cadre que le maître met en place. parfois c'est dans l'opposition mais le plus souvent c'est un épanouissement qui se nourrit des limites posées et de la rigueur avec lesquelles elles sont respectées.

Le meilleur exemple qu'on puisse en trouver, c'est l'arrivée d'un chiot au sein d'une meute constituée et stable . le chiot saute à la gueule de tous les adultes et multiplie les signes de soumission (léchage des babines, postures applaties , décubitus dorsal ....) et semble aussi acharné à se faire accepter que les autres à le maltraiter.

Plus les coups de dents se multiplient, accompagnés de grognements et de postures d'intimidation , plus le chiot s'ingénie à se pendre aux basques des grands et à ne pas les lâcher d'un pouce.

Cette attitude est compréhensible : débarquant dans un espace nouveau habité par un groupe étranger, le chiot a tout intérêt à maîtriser au plus vite les us et coutumes de l'endroit. Placé dans un contexte naturel ,il réagit en terme d'instinct grégaire orienté vers la survie.

Plus vite il aura établi un rapport personnalisé avec chacun des membres du groupe (avec un statut provisoire d'ultra dominé qu'il ne tardera pas à remettre rapidement en question une fois intégré...), plus vite il se sentira en sécurité et faisant partie de la meute.

Cette notion prévaut également dans ses rapports avec le groupe humain: s'il est normalement sociabilisé, il va entamer un grand numéro de charme auprès de tous les adultes qui débarquent dans son espace (et parfois même au dehors).

Un oeil exercé constatera également que sa pugnacité sera renforcée par une attitude d'opposition ,voire de refus .

Avec le maître, le chiot teste toutes les possibilités d'ouvertures , toutes les prérogatives qu'il peut s'adjuger, tous les interdits qu'il peut braver, toutes les tutelles dont il peut s'affranchir; il se construit par rapport au cadre et en s'opposant progressivement à lui.

Chaque fois que le maître fait respecter un interdit qu'il a lui même posé, il gagne en crédibilité et en fiabilité auprès du chien qui se voit ainsi préciser le champ d'application exact de chaque obligation.

C'est à ce moment qu'une sanction mesurée prend du sens pour le chiot et l'aide à cerner le champ des possibles et les limites de celui ci . La sanction rassure aussi le chiot sur la stabilité des règles posées par le maître et sur sa stabilité émotionnelle.

Pour cette raison ,il importe de ne pas monter dans les tours ni de crier au moment de punir.Il faut au contraire être parfaitement calme.

La sanction doit être rapide ,proportionnelle au caractère de l'animal (donc suffisante pour l'impacter mais assez légère pour ne pas le blesser) et appliquée sans délai à l'instant de la faute (le nez dans la poubelle, par exemple).

Dès que le chiot a réintégré les limites des comportements autorisés , il doit aussitôt être félicité.

Par exemple , le chiot se tend vers un autre chien en aboyant , il reçoit une saccade de la laisse et se retourne vers le maître qui l'accueille chaleureusement avant de lui proposer une action connue (couché, assis, au pied....) qui sera récompensée.

Plus tard , ce schéma demandera à être modélisé tant son champ d'application est immense dans le dressage ...

-En piste avec les contraintes apportées par la longe et les récompenses apportées par le tracé

-En obé avec la contrainte guidée jusqu'à une ouverture étroite vers la récompense

-En défense avec la contrainte la plus rigide mais compensée par la satisfaction des instincts majeurs (proie/défense)

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la compression selon Max

Publié le 7 Novembre 2012 par Philippe Roustant

Je compare souvent la motivation/l'envie du chien avec les clowns à ressort qui sortent d'une boîte :
- Si le ressort (motivation) est peu puissant, il ne va pas forcer le crochet de fermeture (obéissance/contrainte), mais au déclenchement de l'ouverture (commandement) le résultat ne sera pas vraiment dynamique, explosif et ne fera rire personne...
- Si au contraire, le ressort est très puissant, à l'ouverture, le clown explose de sa boîte et aura l'effet de surprise escompté.

Il arrive parfois que le ressort soit trop puissant pour le crochet et force l'ouverture (le chien déborde, anticipe...)

Plusieurs remèdes:
- le crochet (obéissance) est défectueux -> à renforcer
- le ressort (motivation) est trop puissant -> à détendre ou agrandir la boîte
- la boîte est trop petite -> changer de chien !!!!!!!!!!!

LE tout étant de trouver l'équilibre crochet/ressort/boîte pour être au bord de l'explosion sans péter le crochet....
Je préciserai que plus le chien est fort de caractère, plus la boîte est petite, ce qui implique le ressort n'aura pas à être trop comprimé d'une manière générale.
Si tu comprimes trop, que tu renforces trop ton crochet.... ben c'est la boîte qui pète.... bouh....

Mais je pense que les chiens de très très haut niveau qui pointent en championnat, sont des ressorts hyper- comprimés, avec des crochets en acier trempé, le tout sur une toute petite boite hyper blindée .....

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Absence sous tension

Publié le 6 Novembre 2012 par Philippe Roustant

pour moi, il n'y a aucun chien duquel on ne peut pas obtenir une absence correcte, même en cas de stress, d'anxiété de séparation ou de phobies. aucun échec en 15 ans avec mes chiens (encore heureux!) ou les chiens qui me sont confiés pour l'éducation ou la compétition. je pense que l'ensemble s'élève à 250/300 cas.
la base c'est de travailler suivant les trois règles d'or
1) intensité:c'est la somme de mouvements brusques sans contact et de stimuli autour du chien
2)durée: c'est le temps pendant lequel on impose la position à moins d'un mètre
3) distance . à vue, puis hors vue mais toujours avec une possibilité d'intervenir (voix ou longe)

si un chien bouge à la durée, c'est qu'il ne maitrise pas l'intensité
si un chien bouge à la distance, c'est qu'il ne maitrise pas l'intensité ou la durée.
un chien qui maîtrise l'intensité et la durée maitrise du premier coup la distance (1ère fois à 20 m)

bien sûr que j'utilise le stress!
un stress utile ,contrôlé par mes soins: un stress qui vient de moi!

si je stresse un chien par une intensité de mouvement (les miens) , il doit être soulagé de me voir m'éloigner.
si je lui apprend à tolérer ce stress provoqué, je lui apprend à gérer le sien propre...

bien sûr que j'utilise des longes lorsque c'est nécessaire (adultes mal dressés)
je peux utiliser un système d'attache , juste pour fiabiliser. car un chien qui gagne impunément 5 cm aujourd'hui se lèvera un jour.
du jour où je commence, le chien ne gagne plus jamais et la correction n'est plus effectuée au contact du maître.
en effet, si le maître touche le chien, celui -ci décharge son stress par simple contact. comment lui apprendre à maitriser son stress seul alors qu'il sait qu'en fautant, il obtient le retour du maître (même pour une engueulade) pour se déstresser par contact.

et je ne parle même pas de ce que je considère comme l'idéal: le couché sous tension. où le chien immobile est tendu comme un arc dans la direction où son maître est parti. sans tourner la tête, sans se mettre en vache, sans poser la tête au sol. prêt!

juste une précision: je ne tape jamais un chien.....et j'évite de le toucher autrement qu'amicalement.
pas de collier électrique non plus!
ce qui va sans dire va toujours mieux en le disant
on va partir du postulat d'un chiot qui ne connaît rien...
en effet , je n'entrerai pas dans la problématique du chien qui n'a pas appris correctement et qu'il faut rectifier pour la simple raison qu'il me faut alors déconditionner ce qui peut s'avérer pénible (lol!)

en revanche, je n'ai pas besoin d'un minimum requis d'équilibre caractériel avec cette méthode. ça marche avec tous, seule la durée des étapes change.
on considérera aussi qu'il existe un bon relationnel de confiance entre le maître et le chien.

c'est parti!
au début, toute position obtenue par une méthode naturelle (je préfère!) est en soi un "pas bouger"
apprendre à se coucher, c'est apprendre que cet ordre a un champ d'application (donc une durée)
étape 1 : ordre de position vaut arrêt de mouvement!
dès lors, il est facile d'augmenter la durée de l'exercice en restant tout près mais sans toucher et en récompensant à l'improviste, très vite.
une erreur fréquente consiste à ne pas rechercher un couché rapide lorsque on vise un "pas bouger". or en demandant la rapidité , on augmente légèrement le stress et on prépare le terrain pour la "mise sous tension".
on peut par exemple au cours d'une séquence de jeu ,demander un couché rapide avec promesse de récompense en tension (15secondes) à l'âge de 3 mois.

étape 2: la contrainte du milieu est la seule a pouvoir contraindre le chien. mais l'organisation matérielle est dictée par moi! l'endroit ou j'apprend le couché est déterminant. si j'utilise un muret duquel le chien ne peut descendre seul, j'élève son stress et je l'oblige a une position correcte.
je fais donc quasiment appel à une mémoire musculaire. la reste est une affaire de rigueur: pas une fois depuis cet instant, le chiot n'aura la possibilité de se coucher "de travers"

étape 3: l'intensité. le chiot a environ 5 mois. je peux le coucher et lui apprendre progressivement que moi, je bouge et pas lui. à cet âge, sans le toucher, je vais monter l'impact physique jusqu'à obtenir de légers signes de soumission (oreilles, tête basse). à cet âge, il se comporterait exactement de cette façon avec un chien adulte qui lui montrerait des rituels de dominance. on est donc dans un processus parfaitement naturel, indolore et qui offre l'immense avantage d'offrir sur un plateau une inhibition des mouvements.
très progressivement et en dosant l'impact de mes postures , j'apprends à lire le chiot et à lui faire grimper et descendre l'échelle du stress des dizaines de fois. je monte la pression (gestes saccadés,postures) et je la descend (félicitations, ouverture étroite vers la récompense).
à ce stade, le chiot fait souvent de légères apnées , que je valorise: c'est de la tension pure.
mon kiki sait maintenant se coucher vite, correctement et d'une façon suffisamment stable pour supporter l'intensité. (par ex, il sait le faire au milieu du marché, ou d'autres chiens)

étape 4 . la durée: dit comme ça , on a l'impression qu'il suffit de faire durer l'exercice. ce n'est pas suffisant.
depuis toujours, le chiot sait que l'ordre couché peut durer un moment, mais qu'au signal ("au pied") il faut être prêt à bondir. dans cette phase, je code les pieds; c'est à dire que je pars du pied droit sans le chien et du pied gauche avec le chien. je ne m'éloigne jamais de plus d'un mètre et si mon élève s'avisait de bouger de 5 cm, je lui joue "la légion saute sur Kolweizy" (moralement au moins lol!)
et là, je vais faire durer en alternant des temps de complète immobilité et des déplacements soudains.
le chien a déjà tendance à me regarder (et je me contrefous qu'il le fasse avec une certaine méfiance vis à vis de mes mouvements brusques) . je bouge en le stressant chaque fois qu'il me perd de l'œil.
pour exagérer: je le rend presque parano (qu'est-ce qu'il va m'inventer encore, l'autre?).
c'est à cette étape que je vois apparaître les premiers signes de détente du chien quand je m'éloigne.
bingo! ça veut dire que le chien se relâche à ce moment et qu'il apprécie mon éloignement.
je suis en train d'équilibrer l'anxiété de séparation qui le lie à moi. (comme je l'équilibre avec le vari à la maison...)

étape 5. l'éloignement. je le mets en place d'un coup ! si le chien maîtrise les étapes précédentes , je peux mettre 20m d'un coup . rien de plus pitoyable que les conducteurs qui tentent de gratter 2,5 m quand ils ont victorieusement obtenus 2m ! ils construisent juste une maison de paille pendant que, tel le troisième petit cochon, je construis une maison de briques!
l'éloignement se fait rapidement et le retour de même, de façon à créer le moins possible de phases de doute. au retour , il faut générer du stress pour éviter la remontée anticipée au pied.
l'éloignement, c'est aussi la privation de la vue. je travaille donc avec un écran dont je fais rapidement le tour (en mettant du stress au retour, encore) ; conséquence: dès que je m'attarde derrière l'écran, je fais baisser le stress.
je viens donc de conditionner un comportement strictement inverse à celui décrit par la majeure partie des conducteurs qui butent sur l'absence: mon chien stresse plus à mon retour qu'à mon départ! on comprendra qu'il s'agit là d'un équilibre subtil, à réaliser avec délicatesse si l'on veut éviter que le chien bouge au retour.

prochaine étape: je branche le courant entre nous! (mise sous tension...)
avant de mettre le courant, il faut tirer les câbles...
étape 6: mise sous tension! donc, mon kiki sait se coucher vite et correctement. il sait digérer les stress divers, parmi lesquels celui de mon éloignement. ça ne me suffit pas! je ne veux pas qu'il se repose ou se détende ,; on est au travail et quand je vais venir le relever, je veux qu'il soit prêt à 100% pour bondir avec moi et me faire une obé de folie!
pour ça, il faut lui expliquer que:
1)il doit me suivre des yeux et, le cas échéant, rester fixé sur l'endroit où j'ai disparu.
2) garder une attitude tonique et tendue (=sous tension) , visuellement plus satisfaisante.
3) rester concentré, car ça peut partir n'importe quand!

au niveau du règlement , ça va m'apporter plusieurs choses:
d'abord mon chien reste prêt et concerné, ensuite, il ne perd pas de points inutiles en se mettant "en vache" ou en broutant l'herbe; enfin , il est tellement concentré qu'il ne voit même plus les stimuli périphériques , ce qui peut s'avérer déterminant avec un chien sensible.

comme je l'ai dit, je vais le câbler, c'est à dire lui mettre une cordelette très fine attachée à son collier. c'est notre cordon ombilical. je lui parle par cet interphone.
je démarre à vue: je passe de longs moments à me tenir à 10m de lui , reliés par notre fil d'ariane.
dès qu'il tourne une oreille, je donne un petit coup en disant "couché, hein!"
mais il est couché, me direz vous?
il est couché ,mais pas correctement, puisqu'il ne me regarde pas!
de la même manière qu'il ne peut pas être correctement "au pied" s'il n'a pas la tête levée vers moi!
quand le chien a compris, je lui tourne le dos en gardant la ficelle dans la main , un comparse placé sur le côté, m'indique d'un léger signe que le chien a tourné un oeil ou une oreille.
c'est le moment d'introduire des perturbations du style chien qui joue à la balle ou H.A faisant ses courses, lol!
à chaque fois, le chien reçoit un petit rappel. cette apparente sévérité est compensée par le fait que le chien a le bonheur de voir arriver régulièrement sa balle en provenance de son maître, même si celui -ci lui tourne le dos.on alterne ici des phases de devoir et des phases de récompense au sens du conditionnement. autrement dit on mixe du renforcement positif et négatif.
quand tout ça est en place, il est temps d'aller à la cachette et de recommencer ce manège en étant invisible, mais toujours avec la cordelette : big brother is watching you!

dans toute cette phase, je vais augmenter les stimuli (chiens jouant, chiots venant le voir...etc...)
il est frappant de constater à quel point le chien choisit volontairement de devenir "aveugle" dans sa vision périphérique.
petit à petit, je vais laisser tomber la cordelette et ne plus corriger qu'à la voix, mais toujours hors de vue.
le reste est affaire de rigueur, d'intensité et de fréquence, comme dans tout dressage......

ma petite maison de briques est maintenant bien solide et le loup peut toujours essayer de la faire tomber........

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la notion de "devoir" en piste

Publié le 5 Novembre 2012 par Philippe Roustant

parlons un peu maintenant de la notion de "devoir" en piste;

-pourquoi en faut il (ou pas) ?
-le "devoir" est il synonyme de "mission"?
-comment l'introduire?
-à quelle époque dans la vie d'un pisteur en formation?

personnellement ,je pense que "devoir" et "mission" ne sont pas exactement synonymes...

lorsque on missionne son chien , on lui laisse toute l'autonomie et le choix des moyens.

par exemple, en pistage utilitaire , on dit au chien: "trouve cette personne et les objets qu'elle a perdu!"
après, si le chien veut se baser sur les effluves plus que sur le foulé ,c'est son affaire.
si le chien veut aller vite, c'est son affaire .
s'il se trompe et revient en arrière, on suit et on laisse faire!
ça ,c'est la mission!

le devoir c'est:
"suis la piste et trouve les objets...MAIS tu dois le faire à ma manière!"
dans ta façon de pister (empreintes, vitesse , nez au sol , précision)
dans ta façon de désigner (marquage correct sans touché)

et concernant la façon de l'introduire, je pense quand à moi qu'il convient de le faire sur un tracé plus facile que d'habitude en corrigeant les libertés que prend le chien avec la consigne.
par ex:
-mettre les objets à vue et obliger à démontrer les empreintes juste avant
-faire suivre un tracé facile en obligeant à la lenteur
-faire des pistes téléguidées pour montrer au chien que sa latitude est réduite
-stresser le chien par des interruptions de tracé
...etc....

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mais pourquoi pistent ils?

Publié le 5 Novembre 2012 par Philippe Roustant

après, on rentre dans la partie la plus intéressante .
quelque chose d'impalpable mais de déterminant dans la réussite d'un chien de pistage...
à savoir:
que va t'il faire ,in fine, à ce foutu piquet de piste!

-pour qui va t'il pister?
pour une ressource (parce qu'il court après une récompense)?
pour le goût de l'effort (parce que pister entre en résonance avec un contentement organique) ?
pour la réussite de la mission (donc par pugnacité et caractère)?
pour faire plaisir à son maître (donc dans une démarche de sacrifice hiérarchique)?

-pourquoi le fait il bien ou mal?
parce qu'il est favorisé ou défavorisé génétiquement?
parce que cela entre en osmose ou en contradiction avec un positionnement hiérarchique?
parce qu'il y a été conduit par un dressage cohérent ou maladroit?
parce qu'on l'a mis en situation ou pas, dans son dressage, de résoudre ce type de problème?
on va reprendre point par point:
le chien piste t'il toujours pour l'obtention d'une ressource ?

a t'il besoin d'avoir :
-soit de la bouffe au sol
-soit de la bouffe au bout
-soit de la bouffe en échange (de l'objet, de la fin de piste)
-soit son jouet à la fin de piste
-soit son jouet dans les mains du traceur..etc..
?
moi, je pense que oui, même si ce n'est pas une condition nécessaire et suffisante .

on peut obtenir un super pisteur sans la bouffe (mais peut être avec moins de précision)
on peut obtenir un super pisteur sans aucune pulsion de proie (mais peut être avec moins de pugnacité)

MAIS
même si ces deux critères (appétence et prédation) sont présents, on ne peut obtenir de travail fiable et correct que si:

la relation au maître a permis une notion de "devoir" bien comprise .
le chien est alors apte à prendre à son compte une "mission" désignée par le maître et qui amènera, par sa réussite, une satisfaction évidente (démonstrative?) du leader.

c'est le fameux cercle vertueux qui nous obsède tous : "tu réussis parce que tu fais de ton mieux pour me satisfaire . étant satisfait ,je te récompense et j'augmente ainsi ton envie de réussir."

pourquoi tel ou tel chien lâche l'affaire sur telle ou telle piste?

à l'entraînement , il y avait de la bouffe ou le jouet.

le jour du concours , le chien identifie rapidement la situation: pas de bouffe et pas de balle aujourd'hui.

la plupart des chiens vont faire le job quand même (même si c'est plus rapide, même si c'est moins précis).
pour deux raisons:
par conditionnement (le même mécanisme qui les conduit à faire l'obé même sans récompense)
par plaisir de l'activité (ce que j'appelle le contentement organique) : suivre une trace dans l'herbe mouillée au petit matin , sentir l'odeur du sol broyé, résoudre les problèmes facilement ....c'est AMUSANT pour eux ,ça génère du PLAISIR.

mais ces deux points ne peuvent se révéler suffisants si:
-des erreurs de dressage ont été commises (mauvaise progression, problèmes escamotés, stress mal dosé, motivation non construite...etc...)
-la relation au maître (lecture des canaux de communication, positionnement hiérarchique,plaisir partagé) est insuffisante
-la base génétique est insuffisante (nervosité, phobies, équilibre caractériel,souvent rencontrés chez le malinois)
mais ce qui est sûr ,c'est que tout chien possède avec son flair un outil suffisant pour répondre à toutes nos demandes en pistage, aussi étranges soient elles.


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effluves et molécules chaudes et froides

Publié le 5 Novembre 2012 par Philippe Roustant

en fait j'ai un peu creusé la question et je suis allé voir quelques spécialistes de la chasse au sang.
eux, ils disent que la piste la plus chiante , c'est 20 à 40 minutes .
car , m'ont ils expliqué , les molécules odorantes et de foulé sont d'abord écrasées au sol par le foulé et se déposent pendant environ 15minutes
puis, la chaleur et l'évaporation de la terre les fait remonter comme un champignon atomique aux alentours de la demie heure.
passé ce délai , les molécules les plus volatiles sont dispersées (soit par le vent soit par l'ascendant thermique) et les molécules les plus lourdes s'étalent autour des empreintes et vont doucement perdre de l'intensité olfactive au fil des heures.
pour eux , soit on travaille dans les 15 minutes (encore que, eux, ont le problème de rythme du chien à régler)
soit on travaille après 45 minutes .
donc, pour des chiots , on évite les pistes de 30 minutes! plutôt 15 ou 45!
ce qui est sûr ,c'est que la terre le matin est plus chaude que l'air (d'où la géothermie)
c'est d'ailleurs l'explication des champs qui fument.
d'autre part , il est incontestable que l'évaporation est causée pour partie (l'autre partie étant le vent) par les ascendants thermiques (la chaleur monte du sol en compagnie de molécules d'eau vers le ciel , où elle va re-condenser en nuages.

si on examine ce qui se passe quand on foule un tracé :
-une partie des molécules ,que j'appelle la traînée olfactive , est brassée par le déplacement en tourbillons aérodynamiques ; elle comprend : le parfum, la sueur , le shampoing, le savon , le déodorant, l'after shave, l'odeur de bouffe transportée...
-l'autre partie monte du sol après foulure; il s'agit des molécules de terre et de végétaux broyés et frictionnés.
les premières descendent (pour les plus lourdes, ça dépend du vent) et les secondes montent (simple effet mécanique de dispersion puis aérothermie) .
et ils se mélangent franchement entre 15 et 30 minutes avant de s'homogénéiser.


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travail spécifique des angles

Publié le 5 Novembre 2012 par Philippe Roustant

Comme on l'a vu ,un chien monté correctement au pas à pas n'éprouve aucune difficulté aux angles. il dispose même d'un avantage si les angles sont posé sans faire de plateau mais plutôt dans la foulée ,car après une empreinte à droite, il va prioritairement chercher à gauche et vice versa.
très tôt on enlèvera la bouffe un mètre avant l'angle et on la remettra après (tout de suite au début ,puis au bout de 1 à 5 mètres pour un adulte).
de cette façon ,le chien sera encouragé à ne pas le rater pour retrouver à manger.
Je suis toujours étonné de voir des pisteurs de type RCI se contenter de poser des angles à 90° sous prétexte qu'il n'y a que ça dans leur programme !
grave erreur!
outre le fait que c'est un moyen intéressant de ralentir un chien, faire des angles plus ou moins aigus est une excellente occasion d'expliquer à médor qu'il doit suivre le tracé source MEME s'il détecte la direction future du tracé . en gros , on va lui expliquer le contraire d'un chien de Pistage Français!
la plupart des chiens ,en arrivant à l'aigu sont capables de sentir (et encore plus par vent favorable) le retour de l'angle alors qu'ils ne sont pas encore arrivés au point d'inversion.
pour cette raison ,il importe de:
-ne pas mettre de bouffe sur le retour pendant 5 à 10 m (éviter l'auto-récompense)
-trouver un point de repère pour le pivot en plus du point de signalisation de l'angle
-au début, toujours marquer l'angle par un plateau du type pieds joints et pivot ,de façon à ce que le chien soit encouragé à aller vraiment le chercher même s'il sent déjà le tracé retour. une croquette peut être posée à cet endroit précis, ce qui n'est pas concevable avec un angle traditionnel dès lors que le chien a plus d'un an.
-faire démontrer les empreintes en longe courte jusqu'au bout de l'angle

le travail des angles ouverts est plus délicat ; selon moi, il faut toujours les marquer le moins possible de façon à les assimiler à une péripétie du tracé et non à un changement de direction. un peu comme si le traceur n'était pas allé droit .
l'expérience venant , je les proposerai au chien mixés avec un faux tracé de façon à le laisser dans une vraie discrimination sur les empreintes et non sur les effluves.

normalement , si l'on a travaillé intelligemment , l'arrondi devrait être "inscrit" dans la tête du chien avant qu'on le travaille en temps que tel.
je pense qu'il faut néanmoins l'appuyer légèrement (pour éviter la découpe en dents de scie) comme c'est fait dans les concours FCI et se servir de nombreux objets (surtout posés sans plateaux) pour montrer qu'il y a une utilité à revenir sans cesse au pas à pas sans se contenter du tracé global. faute de quoi, le chien va se retrouver légèrement désaxé à chaque marquage .
pensez à varier les diamètres (en FCI :30m) et surtout à souvent tourner plus que nécessaire jusqu'à tracer un trois quart de rond et non plus un demi.

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je mets la vidéo en direct de Volt en libre

Publié le 5 Novembre 2012 par Philippe Roustant

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Pistage en libre

Publié le 5 Novembre 2012 par Philippe Roustant

beaucoup de gens pensentt que la méthode que je décris ne permet pas de former les chiens au pistage "en libre".

de mon point de vue, ce n'est pas un problème. voici ce qui se passe quand j'enlève la longe de mon chien sans aucune préparation.

la piste est vieille d'1h 30 .elle a été tracée gelée et relevée dégelée. il y a 5 croquettes après chaque angle mais un seul objet à la fin. constatez la surprise totale du chien au moment où il s'apperçoit que je ne suis pas derrière lui!

vous trouverez cette vidéo sur l'excellent blog de ma copine Valérie :RCI-MIC-MAC

http://rci-mic-mac.over-blog.com/article-volt-en-libre-59874502.html

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