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Jamais sans mon chien!

La relation

Publié le 27 Décembre 2015 par Philippe Roustant

La "Relation" est clairement aujourd'hui au cœur des débats.

Tous les "amis des animaux", les membres de la "protection animale", les "végans" et tous ceux qui se sentent interpellés par l'antispécisme (mouvement qui ne reconnaît pas l'espèce à laquelle appartient un individu comme critère essentiel permettant de l'appréhender) sont persuadés que, par définition, non seulement la relation prime sur tout conditionnement, mais également qu'elle est obligatoirement de meilleure qualité chez ceux qui placent le respect de l'état naturel au dessus de l'inter-action.

Je débats par exemple souvent avec des individus qui me tiennent des propos tels que ceux ci:

-Certains affirment qu'il est préjudiciable de jouer avec un chien (et encore plus de développer son amour pour un objet) car c'est une action contraire au maintien de sa nature de chien. Ils voient dans l'appétence du chien pour son jouet l'expression d'un comportement de "junkie" qui serait en état de manque sans sa balle (et demandeur pour cette seule raison)!

-D'autres rejettent d'un bloc la pratique du mordant sportif, coupable dans leur esprit d'augmenter l' agressivité du chien et de développer certains instincts au point (d'après eux, non naturel) où ils deviendraient difficilement maîtrisables. Là aussi , le conditionnement se substituant à "l'état de nature".

-Enfin, nombre de conducteurs d'obédience (et, d'une manière générale, les pratiquants d'une discipline de la C.N.E.A ) estiment que la relation prime largement sur le choix d'une technique de travail pour parvenir à un résultat intéressant.

L'ensemble des affirmations ci -dessus est assez éloigné de ma propre perception mais vient également en contradiction avec les exemples inombrables que j'ai pu observer dans le monde des chiens d'utilité.

De mon point de vue, une relation équilibrée avec un animal se définit ainsi:

-Un respect mutuel. Faute duquel l'un des deux peut blesser l'autre, le maltraiter ou le tenir en esclavage.

-Une inter-dépendance affective ou psychologique. Qu'elle résulte d'un apprivoisement ou de la satisfaction d'un instinct de protection, elle doit conduire à l'expression d'une solidarité.

-Une activité fédératrice. Où chacun trouve une satisfaction supérieure à la pratique individuelle.

Le jeu se substitue t'il à la relation elle même?

Il est absurde de penser qu'un chien est "drogué" à la balle ou à son boudin; ce qu'il aime plus que son objet de motivation, c'est l'inter-action de jeu avec son être d'attachement. Des expériences ont été menées dans les chenils de l'armée qui ont démontré que les chiens préfèrent les employés chargés de les sortir ou de jouer avec eux que ceux chargés de les nourrir.

L'interface entre le chien et son conducteur n'est utilisé que pour sa capacité à être éloigné de l'un ou de l'autre et constituer un élastique qui les rapproche inéluctablement. Un chien qui connaît les codes du jeu n'a que faire de son jouet seul!

Ce qui l'intéresse, c'est l'inter-action avec son partenaire; parce qu'elle valorise (par la difficulté à l'obtenir) l'obtention de son objet de motivation.

Et la pratique d'une activité codifiée?

Les chiens sont sélectionnés depuis la nuit des temps sur des instincts spécifiques (plus exactement sur leur répartition, suivant leur race) qui les rendent particulièrement aptes à accomplir des tâches au service de l'homme.

Aujourd'hui, aucune machine n'est capable de détecter un explosif ou un stupéfiant aussi bien qu'un chien. Des millions de dollars ont été dépensés dans ce but en pure perte aux Etats Unis d'Amérique.

Aucune technique d'investigation n'est aussi pointue que le nez d'un chien pour déterminer la présence d'une trace volatile d'ADN. (Cf: Odorologie).

Personne ne peut prédire une crise d'épilepsie ou diagnostiquer un cancer mieux qu'un chien formé à cet effet.

Je ne m'étendrai pas sur les chiens guides ou ceux qui aident les handicapés mais l'ensemble de ces merveilleuses capacités est le fruit d'aptitudes naturelles sélectionnées et entraînées pour devenir efficaces.

Il ne viendrait à personne l'idée que ces merveilleux chiens n'ont pas une relation extraordinaire avec leurs maîtres. Or, cette relation s'est construite APRES le conditionnement opérant qui leur a permis de maîtriser une activité et, pour l'essentiel, au cours de l'exercice de cette activité. Dans la plupart des cas, la personne qui a appris au chien à maîtriser un groupe de compétences spécifiques n'est pas celle qui les exerce au quotidien!

Une évidence:

J'ai eu la chance de cotoyer un grand nombre de compétiteurs dans de multiples disciplines . J'ai toujours constaté une corrélation entre le niveau atteint dans la maîtrise de leur activité commune et la profondeur de la relation qui les unissait à leur partenaire.

J'ai vu des bergers qui parlaient à leurs chiens sans un mot.

J'ai vu des sauveteurs en décombres ou en avalanche qui collaboraient avec leur chien pour sauver des vies au mépris de la leur.

J'ai vu de grands compétiteurs en obé, en RCI, en pistage ou en ring atteindre une symbiose totale avec leur compagnon. Je pourrais citer les noms....

En 20 ans de pratique d'éducation canine (soit environ 400 chiens), jamais je n'ai vu une telle complicité dans la relation que peuvent entretenir de simples propriétaires de chiens avec leur animal, y compris chez ceux qui leur juraient chaque jour un amour éternel et qui prétendaient lui offrir des conditions de vie idéales en terme d'espace, de confort et d'affection.

Aucune relation ne peut être comparée à celle qu'on construit jour après jour lorsqu'on sollicite les instincts les plus puissants du chien au travers d'une activité faite à la mesure de ses immenses qualités.

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spencer26110 31/03/2016 12:09

Cher goappe : Inutile de vous obstiner à dénigrer le travail d'autrui sans présenter vos propres réalisations de façon concrète et argumentée. Toute réflexion stérile et autres persiflages seront impitoyablement supprimés! J'attends de vos nouvelles avec impatience...

Georges goappe 02/01/2016 01:39

Bonne année Prescillia !

Prescillia 01/01/2016 20:55

Bonne année George !

Spencer26110 31/12/2015 13:07

Monsieur Goappe (ou Madame, c'est égal) n'a toujours pas répondu à ma question. Pour ce qui me concerne, je sais parfaitement POURQUOI je travaille avec les chiens dans de nombreuses disciplines : parce qu'ils sont nés et ont été sélectionnés pour ça! Les chiens dont je m'occupe sont tous issus d'une sélection particulière qui trouve sa justification dans les services qu'elle rend aux hommes (et je ne reviendrai pas sur la liste que j'ai déjà produite, étant entendu que la sélection morphologique m'indiffère profondément). MAIS je n'ai toujours aucune idée de ce que Goappe FAIT avec ses chiens! Parce que , bien sûr, s'il ne fait rien de spécial avec eux, il n'a aucune idée du type de chiens dont nous parlons et il ne sait rien des aspirations profondes tapies au fond d'eux! Et du coup, le manque d'humilité, les certitudes sans preuves, le verbiage stérile savent parfaitement où se trouve leur place: à ses côtés!

Titluciole 30/12/2015 23:53

J'oubliais un truc. Pour l'histoire des ordres donnés par un étranger auquel le chien obéit car conditionné. Déjà la plupart des chiens conditionnés que je connais ne le feraient pas sans jeter un regard à leur maitre, en mode "t'es ok avec ça ?". En tout cas les miens vont me regarder et rechercher ma bienveillance (je ne dis pas autorisation car ça voudrait dire que je donne un ordre qui autorise, alors que ça n'a rien à voir, c'est un échange de regard, de la confiance mutuelle).

Mais quand on n'est pas là, ça a aussi une utilité un chien conditionné qui répond à un conditionnement et à un ordre donné par un étranger. Un de mes chiens a été hospitalisé plusieurs jours à la clinique entre la vie et la mort. La véto et ses assistants m'ont fait que des compliments sur lui à sa sortie et sur la facilité qu'ils avaient eu à le soigner, même pour des soins difficiles. Pas besoin d'être dix dessus à le tenir, ou de l'endormir pour les soins. La véto pouvait le sortir de sa cage, sonder sa vessie plusieurs fois par jour, lui faire des prises de sang, des examens sans même demander de l'aide à un assistant. Un debout et un pas bouger (assorties de caresses) lui suffisait à accepter en toute confiance les soins nécessaires, désagréables et parfois assez longs. Idem les assistants étaient ravis d'avoir pour une fois un chien de gros gabarit qui leur démontait pas le bras en laisse. Un plaisir à promener il parait, et en plus il écoute qu'ils me disaient loool. Et de son côté entendre des ordres connus, donc qu'il le plonge dans un contexte connu, lui donne des repères dans une situation qui pourrait être angoissante c'est vachement rassurant, et ça aide à ce que ça se passe bien, à rester détendu.

Rien que pour ça, pour que mon chien vive bien une hospitalisation quand il n'y a pas d'autres choix, je ne regrette absolument pas que son conditionnement aille jusqu'à sa capacité à obéir à un étranger en mon absence.

Emmanuelle Libera 31/12/2015 01:30

complètement d'acc avec vous !
et même au quotidien, c'est cool d'avoir un chien qui répond quasi systématiquement au "assis" (ça dépend un peu de la crédibilité d'en face, quand même) ou autre "file" (il recule, au moins); notamment quand on reçoit des gens qui ne sont pas forcément à l'aise avec les chiens : ça évite d'avoir à le laisser couché sur sa place ou, pire, d'avoir à l'enfermer pendant des plombes quand on reçoit des gens qui peuvent, eux aussi, le "contrôler" en qq sorte
d'ailleurs, ça prouve bien que cette éducation n'a pas pour seul intérêt que celui de satisfaire l'égo du maître...
au contraire, je pense que ceux qui se vantent d'être les seuls à pouvoir communiquer avec leur chien ne pensent pas beaucoup à lui, lui tout seul, je veux dire...
alors, pour "l'égoïsme", faudra trouver autre chose, Georges ;)